Les députés autonomistes Moerani Frebault et Nicole Sanquer, aux côtés du député de Nouvelle-Calédonie Nicolas Metzdorf, demandent au ministre des Affaires étrangères d’apporter une « réponse ferme » aux déclarations du président de l’Azerbaïdjan. Ilhan Aliev a réaffirmé son soutien à l’indépendance de la Polynésie, de la Nouvelle-Calédonie et d’autres collectivités ultramarines, qualifiées de « colonies ». Dans une lettre adressée à Jean-Noël Barrot, les parlementaires dénoncent une « insulte » d’un « dictateur » et souhaitent que la réponse française « serve d’exemple à toutes ces puissances qui déstabilisent et fantasment » sur les outre-mer. Détails avec notre partenaire Radio 1.
Dans ce courrier adressé à Jean-Noël Barrot, les trois parlementaires font part de leur « vive indignation » après les déclarations du président azéri Ilham Aliev. Lors du « Forum mondial des médias », organisé le 13 juillet à Choucha, dans le Haut-Karabakh, ce dernier a dénoncé le maintien par la France de « colonies ». Les députés y voient une « insulte envers la France » ainsi qu’une volonté « de déstabilisation et d’ingérence » visant les territoires ultramarins et l’État, alors même que, selon eux, le « dictateur » ne cesse de « bafouer le droit international ».
« Au XXIᵉ siècle, il n’est pas possible de maintenir comme colonies des territoires situés à 10 000 kilomètres de distance. Les populations de ces territoires ne veulent pas de cette situation. Elles veulent vivre leur propre vie », a déclaré le président azéri Ilham Aliev, au pouvoir depuis 22 ans. Il s’exprimait depuis Choucha, dans le Haut-Karabakh, une région à majorité arménienne dont l’Azerbaïdjan a repris militairement le contrôle entre 2020 et 2024 malgré les contestations de son rattachement à Bakou. Le chef d’Etat assure toutefois que les prises de position de son pays sur les outre-mer français n’ont « rien à voir » avec les tensions diplomatiques qui l’opposent à la France.
Hier matin, Nicolas Metzdorf a publié sur sa page Facebook la lettre cosignée avec Moerani Frebault et Nicole Sanquer. Les trois députés dénoncent « une véritable opération contre la souveraineté française en Outre-mer », qu’ils estiment ancienne, et soulignent qu’à la différence de la situation au Haut-Karabakh, les territoires ultramarins ont « choisi librement la France ».
Ils demandent au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de s’emparer du dossier , afin qu’il fasse office « d’exemple » pour « d’autres puissances tapis dans l’ombre » regardant l’Outre-mer « avec interêt ».
Par Radio 1.

