Le Pays signe une première coopération opérationnelle avec l’International Cultural Arts Network (Ican), une organisation basée à Hawaii qui ambitionne de créer un réseau professionnel de talents autochtones du Pacifique dans l’industrie mondiale de l’audiovisuel. Premier acte de ce partenariat : un atelier international de formation au jeu d’acteur organisé par l’Ican en Polynésie du 10 au 14 août. Pour Moetai Brotherson, cette initiative marque le lancement d’une stratégie plus large visant à structurer la filière audiovisuelle locale. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
À partir de demain et jusqu’au 24 juillet, les comédiens polynésiens âgés de plus de 18 ans pourront déposer leur candidature pour participer à un atelier international de jeu d’acteur animé par l’Ican. Les candidats devront constituer un dossier accompagné d’une audition filmée. Vingt à vingt-cinq d’entre eux seront ensuite retenus pour suivre une formation consacrée aux techniques de jeu, à la préparation des auditions et aux exigences des productions audiovisuelles internationales.
À la maison de la culture, l’atelier sera animé par plusieurs figures reconnues du cinéma et de la télévision, parmi lesquelles l’acteur maori Cliff Curtis, dont la filmographie va de Once were warriors au dernier Avatar, l’actrice et réalisatrice Te’ao o Hinepehinga, connue notamment pour Chief of War et Breakwater, ainsi que l’acteur d’origine polynésienne Branscombe Richmond, révélé au grand public par la série Le Rebelle.
Vers un la structuration d’une filière audiovisuelle locale
Au-delà de cette première formation, le partenariat poursuit une ambition plus large : attirer davantage de productions internationales en Polynésie et permettre aux talents du fenua de rentrer dans les standards de l’industrie.
C’est en tout cas ce que précise Moetai Brotherson : « Nous ce qu’on veut c’est développer la capacité de l’industrie polynésienne à écrire ses propres histoires, à avoir ses acteurs et de faire la connexion avec le reste du Pacifique. Ican c’est une initiative portée au départ par Jason Momoa et ses amis autour du tournage de Chief of War : ils avaient besoin de former les acteurs, les cascadeurs, les scénaristes. Donc ils ont fondé Ican, ils l’ont ouvert dès le départ à tous les pays de la région. Il manquait Tahiti et donc aujourd’hui c’est chose faite, on est dans le réseau Ican. »
Car aujourd’hui, rappelle le président, malgré quelques parcours individuels remarqués, les professionnels polynésiens du cinéma demeurent encore peu nombreux à évoluer sur les grandes productions internationales : « On a quelques acteurs qui ont pu faire carrière à l’international. On en a trop peu à mon goût, et donc c’est au travers d’une initiative comme Ican de développer ça ».
L’objectif est de structurer la filière locale et d’intégrer les professionnels polynésiens aux réseaux audiovisuels du Pacifique, mais aussi à ceux de l’industrie mondiale. Pour Ican, qui développe déjà des passerelles avec Hollywood, la Polynésie constitue une nouvelle étape de cette stratégie régionale.
Cette opération représente un investissement d’environ 4 millions de francs pour la Polynésie française. Les deux partenaires affichent leur volonté d’inscrire cette coopération dans la durée, afin d’offrir aux talents polynésiens et, plus largement, aux peuples autochtones du Pacifique, un meilleur accès aux grandes productions internationales. En parallèle, l’idée est de renforcer l’attractivité des archipels polynésiens comme terres de tournage, en formant les futurs maillions de la chaîne du cinéma, des techniciens aux acteurs.
Apollonia Elia pour Radio 1 Tahiti

