SIA 2026 : Côme Damour, président de l’Association réunionnaise interprofessionnelle fruits et légumes, ARIFEL, appelle à sécuriser le POSEI et à renforcer l’autonomie alimentaire réunionnaise

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SIA 2026 : Côme Damour, président de l’Association réunionnaise interprofessionnelle fruits et légumes, ARIFEL, appelle à sécuriser le POSEI et à renforcer l’autonomie alimentaire réunionnaise

À l’occasion du Salon international de l’Agriculture, sur le stand de l’ODEADOM, Côme Damour, récemment nommé à la tête de l’Arifel (Association réunionnaise interprofessionnelle fruits et légumes), prévient, « la filière agricole réunionnaise doit être défendue et mieux écoutée ». Producteur et président de la coopérative SICA Terres Réunionnaises, il place deux priorités au cœur de son mandat : la pérennisation du POSEI et la conquête de l’autonomie alimentaire de l’île.

Une interprofession en croissance continue

L’Arifel fédère aujourd’hui plus 800 adhérents (producteurs, opérateurs, grossistes et distributeurs) réunis pour « parler d’une seule voix » et structurer la filière fruits et légumes réunionnaise. Au-delà de la représentation interprofessionnelle, l’association joue un rôle central d’animation économique, de coordination stratégique et d’accompagnement technique.

La dynamique est plutôt positive. Le nombre d’adhérents comme les volumes sont en hausse, avec une production qui atteint en moyenne 32 000 tonnes par an hors années marquées par des épisodes cycloniques, lesquels impactent fortement les récoltes. Les programmes de développement visant certaines cultures locales, telles que la pomme de terre, la carotte ou l’oignon, restent néanmoins insuffisants. L’enjeu désormais est aussi logistique, notamment le stockage pour mieux lisser l’offre au cours de l’année.

Un poids économique majeur

La filière fruits et légumes représente à elle seule 4 000 exploitations et environ 10 000 emplois directs et indirects à La Réunion. Plus largement, l’ensemble agricole (canne à sucre, productions végétales, animales et pêche) pèse près de 30 000 emplois.

Pour Côme Damour, ces chiffres justifient de replacer les agriculteurs au centre du débat. « Ce sont eux qui connaissent les spécificités de leur territoire », insiste-t-il, rappelant que l’agriculture est aussi un levier de création d’emplois et de transmission unique sur le territoire.

Inquiétudes sur le renouvellement des générations

Le nouveau président alerte toutefois sur un essoufflement du renouvellement générationnel. Entre départs à la retraite et reprises insuffisantes, la filière doit rester attractive. « L’agriculture est un métier de passion, ça ne s’improvise pas», rappelle-t-il, soulignant l’intensité du travail demandé.

La France rejette la dérogation sur l’importation des semences

Au niveau national, les professionnels ultramarins restent vigilants. La demande de dérogation sur l’origine de certaines semences, notamment de pommes de terre, a été rejetée par la France, suscitant incompréhension, colère et inquiétudes.

Pour Côme Damour, le message est simple : les spécificités des territoires d’outre-mer doivent être reconnues. « Nous sommes sur le terrain, nous savons ce que nous pouvons produire », plaide-t-il, appelant les pouvoirs publics à sécuriser durablement le POSEI, programme essentiel de soutien aux agricultures ultrapériphériques.

Cap sur l’autonomie alimentaire

En filigrane, l’objectif stratégique reste l’autonomie alimentaire de La Réunion. L’Arifel entend poursuivre l’accompagnement technique des producteurs et renforcer la production locale pour réduire la dépendance aux importations.

« Nous avons besoin d’être entendus », conclut le président, qui voit dans cette mobilisation collective la condition pour préserver l’emploi agricole et assurer la relève des exploitations réunionnaises.