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Agriculture : Le Préfet de Mayotte réaffirme le soutien de l'Etat à une filière avicole, encore fragilisée après le cyclone Chido
© Préfet de Mayotte

Le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, est sur tous les fronts depuis son arrivée sur le territoire. Ce mercredi aprèsmidi, il s'est rendu dans une exploitation avicole à Mroalé afin d'apporter son soutien à la filière. « Je viens à la rencontre d'un nouvel exploitant. [...] Je suis un grand convaincu de l'agriculture. Ce territoire a des richesses extraordinaires », explique le représentant de l'État. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.

Cette visite intervient dans un contexte où la filière se relève encore des importantes destructions provoquées par le cyclone Chido. « Il faut saluer nos agriculteurs qui ont été frappés très lourdement. Les bâtiments ont été complètement détruits, arrachés. Rapidement, ils se sont organisés. Ils ont été accompagnés par les aides de l'État et des collectivités, mais surtout, ils n'ont pas baissé les bras », souligne le préfet. Il assure vouloir poursuivre cet accompagnement et annonce une nouvelle rencontre en septembre afin de travailler sur la structuration de la filière.

 L'objectif est de consolider l'ensemble de la chaîne de production. « On va continuer pour que cette filière soit structurée. Ce qui m'intéresse, c'est de l'ancrer dans le temps et de donner envie à des jeunes de venir travailler dans l'aviculture », affirme Frédéric Poisot. Il évoque également la volonté de développer une production locale de poussins afin de limiter la dépendance aux importations. 

Président de l'Abattoir de volailles de Mayotte (AVM) et éleveur de 14 000 volailles, Elhad-Dine Harouna estime que la solidarité entre professionnels a permis de surmonter les difficultés. « Notre priorité, c'était de pouvoir repartir et de garder nos salariés. Tout a été géré en groupe. C'est plus facile quand on est groupé que quand on est individuel », explique-t-il. 

Pour atteindre une plus grande autosuffisance alimentaire, le président de l'AVM insiste sur deux priorités : le foncier et l'outil industriel. « Nous avons besoin d'une nouvelle usine d'aliments afin d'être livrés en vraquier pour diminuer les coûts de production et avoir une capacité de stockage suffisante pour résister aux crises. » Il plaide également pour des terrains agricoles sécurisés afin de pouvoir investir durablement : « Une exploitation, il faut qu'elle soit viable, vivable et transmissible à long terme. Le foncier est un outil de travail. » 

Elhad-Dine Harouna annonce avoir identifié un terrain à Sada afin d'y développer une nouvelle étape de la production. « On a trouvé du foncier à Sada pour installer les œufs et les poussins directement à Mayotte. Aujourd'hui, on a le couvoir, mais les œufs viennent de La Réunion. Pour avancer sur ce projet d'autosuffisance alimentaire, il faut qu'on ait une chaîne directe pour les éleveurs : œuf, poussin, poulet. » 

Le projet, estimé à 42 millions d'euros, prévoit notamment une usine de fabrication d'aliments pour volailles et un couvoir industriel. « La Banque des Territoires va participer, notamment en capitaux propres », précise le président de l'AVM.

Par France-Mayotte Matin