Congestion chronique, croissance démographique, transports collectifs encore insuffisants : les défis de la mobilité à Mayotte étaient au cœur d'un séminaire organisé par le Département-Région avec Transdev. Collectivités, opérateurs et experts ont confronté leurs visions pour imaginer un réseau plus fluide, inclusif et durable. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
Embouteillages quotidiens, allongement des temps de trajet, développement urbain rapide : la question des déplacements est devenue l'un des principaux freins au développement de Mayotte. C'est dans ce contexte que le Département-Région, en partenariat avec Transdev, a réuni lundi les principaux acteurs de la mobilité lors du séminaire « À la croisée des chemins », organisé à Dembéni.
L'objectif était clair : dresser un état des lieux des déplacements sur le territoire et faire émerger des solutions concrètes face à une pression routière qui ne cesse de s'accentuer. Autour de la table figuraient notamment les élus départementaux, les intercommunalités, les opérateurs de transport et plusieurs porteurs de projets innovants.
La Communauté d'agglomération Dembéni-Mamoudzou (CADEMA) a profité de cette rencontre pour présenter l'avancement de son réseau CARIBUS, appelé à devenir le premier réseau structurant de transport collectif de Mayotte. Au-delà des lignes de bus, le projet intègre une réflexion plus large sur les mobilités du quotidien avec le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), des cheminements piétons sécurisés, des pistes cyclables, des parkings relais et des solutions favorisant l'intermodalité.
Les échanges ont également porté sur plusieurs enjeux majeurs : le financement des infrastructures, la coordination entre les différents acteurs publics, la sécurité routière, mais aussi l'adaptation des transports à une population en forte croissance.
Présidente de la délégation Outre-mer du CESE, Maymounati Moussa a plaidé pour une approche davantage fondée sur la donnée. Elle propose la création d'un Observatoire des mobilités durables et de l'intermodalité afin de disposer d'indicateurs fiables sur les déplacements des Mahorais. L'élue estime également que l'intelligence artificielle pourrait devenir un outil d'aide à la décision capable d'anticiper les congestions, les ruptures de service ou les conséquences d'événements exceptionnels avant qu'ils ne paralysent le territoire. Autre axe mis en avant : l'accessibilité universelle.
Au-delà de bus adaptés aux personnes à mobilité réduite, plusieurs intervenants ont rappelé que les aménagements de voirie — feux sonores, bandes de guidage, passages piétons sécurisés — constituent eux aussi une condition essentielle d'une mobilité inclusive.
Si ce séminaire n'a débouché sur aucune annonce majeure, il traduit néanmoins une prise de conscience partagée. À Mayotte, améliorer les transports ne relève plus uniquement de la politique de mobilité. C'est désormais un levier de développement économique, d'aménagement du territoire, d'accès à l'emploi et aux services publics. Un chantier colossal qui nécessitera une coopération durable entre l'État, les collectivités et les opérateurs.
Par France-Mayotte Matin

