La Réunionnaise Anne-Françoise Zattara élue au conseil d’administration du nouveau campus de l’Université francophone Senghor à Alexandrie

La Réunionnaise Anne-Françoise Zattara élue au conseil d’administration du nouveau campus de l’Université francophone Senghor à Alexandrie

Professeure de droit privé et sciences criminelles à l’Université de La Réunion et spécialiste des relations internationales, Anne-Françoise Zattara vient d’être élue au conseil d’administration de l’Université Senghor, institution de la Francophonie implantée en Égypte depuis plus trente ans, dont le nouveau campus de Borg El Arab proche d’Alexandrie a été inaugurée par le Président de la République, Emmanuel Macron le 9 mai dernier. Une élection qui consacre un parcours tourné vers les réseaux universitaires francophones et les partenariats africains, au moment où l’établissement engage une nouvelle stratégie de développement. Pour Outremers360, Anne-Françoise Zattara revient sur son élection et le rôle qu’elle entend jouer au sein de cette université internationale.

Une spécialiste des coopérations internationales depuis La Réunion

En poste à l’Université de La Réunion depuis 2000, Anne-Françoise Zattara a progressivement fait de la coopération internationale un axe structurant de son parcours. Longtemps engagée dans les relations internationales de l’établissement réunionnais, elle a travaillé, comme enseignante-chercheure, avec plusieurs institutions du monde francophone, parmi lesquelles l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, ou encore différents réseaux académiques consacrés aux études africaines.

Juriste de formation, elle s’est également investie dans les questions liées à l’OHADA, l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires, qu’elle présente comme un levier structurant de coopération continentale. « C’est un outil assez fabuleux pour créer un espace économique et juridique francophone où la langue joue un rôle déterminant à travers le droit », souligne-t-elle.

Une expertise ultramarine au service des partenariats africains

Son arrivée au sein du conseil d’administration de l’Université Senghor intervient dans un contexte où les coopérations académiques avec l’Afrique prennent une place croissante. Aux côtés d’autres représentants français, Anne-Françoise Zattara entend faire valoir son expérience au sein d’une université ultramarine historiquement tournée vers le continent africain. 

Emmanuel Macron avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, lors de son dernier déplacement en Afrique 

« Être à l’Université de La Réunion est évidemment un atout, puisqu’on a de nombreux partenariats en Afrique, notamment en Afrique de l’Est », explique-t-elle, évoquant un positionnement géographique et académique singulier. « Quand on fait du droit, on travaille forcément avec des pays qui appartiennent à l’OHADA et partagent la langue française ». Pour l’universitaire, cette expertise réunionnaise peut nourrir les ambitions d’attractivité de l’institution, y compris vers des espaces moins traditionnellement francophones, notamment en Afrique anglophone.

L’Université Senghor, une université francophone implantée en Afrique

Créée en 1990 sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Université Senghor d’Alexandrie est un établissement international dédié à la formation de cadres africains dans plusieurs domaines : management, santé, culture, développement durable et gouvernance.

Installée en Égypte, dans un environnement largement anglophone, l’université revendique une singularité forte : « C’était un défi d’implanter une université francophone dans une partie de l’Afrique beaucoup plus anglophone que francophone. C’est un pari réussi », estime Anne-Françoise Zattara.

L’établissement, qui compte plus de 4 200 alumni, accueille environ 200 étudiants sur son campus d’Alexandrie et près de 500 auditeurs dans les campus externalisés, l'établissement disposant d'un réseau de campus délocalisés en développement, notamment au Vietnam, tandis qu’un autre partenariat académique existe déjà en Hongrie.

L’université fonctionne selon un modèle multilatéral, soutenu par plusieurs bailleurs internationaux, parmi lesquels, aux côtés de l'Egypte, qui fournit le siège, la France, le Canada, le Québec, la Fédération Wallonie Bruxelles, la Suisse, représentés au Conseil d’administration.

Une feuille de route 2026-2030 tournée vers le rayonnement

Au sein du conseil d’administration, Anne-Françoise Zattara participera à la mise en œuvre de la nouvelle feuille stratégique 2026-2030, récemment adoptée par l’institution. Celle-ci repose sur trois piliers structurants : « former, innover et rechercher pour le développement durable », « gouverner, coopérer et numériser », et enfin « rayonner, entreprendre et impacter ».

Cette stratégie accompagne l’ouverture récente du nouveau campus d’Alexandrie, avec une ambition forte : renforcer l’attractivité de l’établissement et doubler les effectifs dès l'année prochaine sur le nouveau campus, tout en développant les partenariats internationaux. « L’ambition, c’est former pour transformer », résume Anne-Françoise Zattara. « Une université francophone implantée en Afrique, pour l’Afrique, et qui souhaite rayonner au-delà du continent ».