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La Réunion : Pour la rentrée scolaire, Saint-Denis débloque 9 millions d'euros pour compenser la suppression des contrats aidés
©Credit: DR

À quelques semaines de la rentrée scolaire, la Ville de Saint-Denis mobilise 9 millions d'euros afin d'assurer le fonctionnement de ses écoles malgré la forte réduction des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC). Une décision annoncée ce jeudi 30 juillet 2026 par la maire Ericka Bareigts, qui dénonce un désengagement de l'État. 

« Ce n'est pas une diminution mais une suppression des contrats PEC », insiste la maire lors de la conférence de presse. Au niveau de La Réunion, le gouvernement a décidé de faire passer le nombre de contrats aidés de 10.000 à 4.000 en 2026. Les 24 communes de l'île devront se partager seulement 800 contrats.

À Saint-Denis, la réforme a des conséquences immédiates. Alors que la commune comptait auparavant près de 600 personnes en contrats aidés dans les écoles, 323 candidats avaient été retenus pour intégrer le dispositif cette année.

Mais les nouvelles conditions d'accès, notamment l'obligation d'avoir été au chômage pendant au moins deux ans, réduisent considérablement le nombre de bénéficiaires.
« Nous avions retenu 320 candidats. Mais plusieurs d'entre eux n'étaient pas éligibles à cause des restrictions imposées par le gouvernement. »
Au final, seuls 58 recrutements seront possibles sous le dispositif PEC. 

Ericka Bareigts déplore cette évolution : « Les critères sont devenus tellement restrictifs qu'on ne peut plus proposer de contrat à la grande majorité des candidats ». 

La Ville financera 350 recrutements 

Pour garantir une rentrée scolaire normale, la municipalité a décidé de financer directement les effectifs nécessaires. Au total, 350 agents seront recrutés pour travailler 26 heures par semaine, contre 20 heures auparavant dans le cadre des contrats aidés.
Cet effort représente un investissement de 9 millions d'euros, soit près de 3 millions d'euros supplémentaires par rapport au budget initial consacré aux contrats aidés.
La Ville assure que l'ensemble des dispositifs municipaux sera maintenu pour cette rentrée. Les activités de l'École du bonheur, proposées durant la pause méridienne (yoga, théâtre, musique ou activités culturelles), continueront d'être assurées. 

La priorité est également donnée au fonctionnement des cantines scolaires. La commune rappelle gérer 63 cuisines qui préparent chaque jour les repas de près de 17.000 élèves. Les recrutements concerneront notamment les agents polyvalents chargés de la restauration, de l'entretien et de la sécurité des établissements.
En parallèle, environ 80 agents spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) viendront renforcer les quelque 180 déjà présents dans les écoles. 

Pour Ericka Bareigts, cette réforme ne tient pas compte des réalités de La Réunion : « Paris est à 11.000 kilomètres. Ceux qui prennent ces décisions pensent que les personnes concernées peuvent retrouver un emploi simplement en traversant la rue. Même ceux qui ne sont pas en contrat aidé n'y arrivent pas (…) Plus de 40 % des jeunes réunionnais connaissent une grande précarité. Ils ont besoin d'un accompagnement personnalisé, pas de nouvelles suppressions de moyens ». 

Damien CHAILLOT