Le président du Département de La Réunion, Cyrille Melchior, a adressé un courrier au Premier ministre, Sébastien Lecornu, afin d’attirer son attention sur les conséquences des restrictions budgétaires affectant la Ligne Budgétaire Unique (LBU), dispositif de financement dédié aux politiques de l’habitat et de l’hébergement dans les territoires ultramarins.
Dans cette lettre, l’élu estime que la LBU constitue un outil essentiel pour le développement de projets destinés aux publics les plus vulnérables, notamment les personnes âgées en perte d’autonomie et les personnes en situation de handicap. Il souligne que ce financement contribue à la pérennité économique des opérations, à la sécurisation des projets portés localement et à l’adaptation de l’offre aux besoins de la population.
Le président du Département rappelle également les difficultés structurelles auxquelles est confronté le territoire en matière d’équipements médico-sociaux. Selon les données citées dans le courrier, La Réunion dispose de 44 places médicalisées en EHPAD pour 1.000 habitants de plus de 75 ans, contre 103 en métropole. Pour les adultes en situation de handicap, le taux d’équipement atteindrait 6 pour 1000, contre 10,3 pour 1000 au niveau national.
Selon Cyrille Melchior, cette situation se traduit par « des listes d’attente importantes, des ruptures de parcours, maintien à domicile subi faute de solutions adaptées, l’épuisement des aidants et départs contraints hors du territoire ».
Le président du Département s’inquiète particulièrement de la diminution, voire de la suppression, des crédits de la LBU consacrés aux projets d’habitat inclusif et d’hébergement adapté. Dans son courrier, il estime qu’une telle décision « viendrait porter un coup d’arrêt à des initiatives pourtant indispensables à la cohésion sociale de notre territoire ».
L’élu considère que ces projets répondent à des besoins d’accompagnement et de protection des personnes concernées, tout en contribuant au maintien du lien social, à la prévention des ruptures de parcours et au développement d’une offre intermédiaire entre le domicile et les établissements spécialisés.
Face à cette situation, Cyrille Melchior demande au Premier ministre de garantir le maintien des financements dédiés à ces projets. Il sollicite son intervention afin que soit « sanctuarisée l’enveloppe dédiée aux projets d’habitat inclusif et d’hébergement pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap ».
Le président du Département estime enfin que « le maintien de cet engagement de l’État est indispensable pour garantir la poursuite des projets engagés, sécuriser les porteurs de projet et permettre à notre territoire de rattraper le retard structurel dont il souffre depuis de nombreuses années dans le champ médico-social ».

