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Claude Peloux, conseiller outre-mer de la société NovaKamp, porte à Mayotte un projet structurant de réutilisation des eaux usées
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Ancien général de division commandant le Service Militaire Adapté (SMA) et aujourd'hui conseiller outre-mer de NovaKamp, Claude Peloux se rendra à Mayotte à la fin du mois de juin. L'entreprise, spécialisée dans les solutions autonomes de traitement de l'eau et de l'énergie, souhaite y développer des dispositifs permettant de réutiliser les eaux usées pour certains usages domestiques du quotidien et autorisés par la réglementation. Une approche qui vise à préserver l'eau potable et à renforcer la résilience du territoire face aux pénuries. Pour Outremers360, il détaille les contours de ce projet destiné aux collectivités mahoraises.


Réserver l’eau « technique »

À Mayotte, l’eau est une ressource précieuse. Les coupures régulières perturbent la vie quotidienne des habitants, mais aussi le fonctionnement des écoles, des hôpitaux et des services publics. Face à cette situation, Novakamp propose une idée simple : réserver l’eau potable aux usages essentiels et réutiliser une grande partie des eaux usées pour les besoins domestiques : « L’idée est de faire le tri entre les différents usages de l’eau », résume Claude Peloux.

Concrètement, les dispositifs développés par l’entreprise permettent de récupérer les eaux usées, de les traiter puis de les réinjecter dans des canalisations dédiées afin de les utiliser là où l’eau potable n’est pas indispensable. Cette eau dite « technique » pourrait ainsi servir à alimenter les toilettes, arroser les espaces verts, nettoyer les véhicules ou encore entretenir les équipements publics, toutefois une identification précise et rigueuse de ces nouveaux réseaux est nécessaires pour éviter tout risque pour les usagers et ce développement ne peut se faire sans l'appui des autorités sanitaires compétentes.

En revanche, cette eau recyclée n’est pas destinée à la consommation humaine. L’eau potable resterait exclusivement réservée à la boisson, à la préparation des repas et à l’hygiène et aucun mélange d'eau n'est possible.

Créer un cercle vertueux

L'ambition de Novakamp est de mettre en place un véritable cycle de réutilisation de l'eau. Aujourd'hui, une grande partie des eaux traitées finit rejetée en mer. Demain, ces volumes pourraient être valorisés localement.

Le principe est simple : l'eau utilisée est récupérée, traitée puis réemployée pour certains usages. Cette logique permettrait de réduire la consommation d'eau potable sans modifier le confort des usagers.

Pour illustrer le potentiel de ces dispositifs, Claude Peloux cite l'exemple des écoles de Mamoudzou. Lors d'un précédent déplacement, il a échangé avec le maire de la commune, qui a sous sa responsabilité plusieurs établissements scolaires. « Un élève utilise les sanitaires deux à trois fois par jour, soit environ 15 litres d'eau quotidiennement dans l'établissement», explique-t-il.

Dans une école de 200 élèves, cela représente près de trois mètres cubes d'eau potable consommés chaque jour. Une fois utilisée, cette eau est traitée puis rejetée dans l'environnement. L'ambition de Novakamp est de transformer cette logique en réduisant aux maximums les apports d'eau potable et en valorisation les ressources déjà utilisées. Les eaux usées seraient récupérées, traitées puis valorisées pour être réutilisées pour des usages techniques comme l'alimentation des toilettes ou l'arrosage, évitant ainsi de mobiliser de nouvelles quantités d'eau potable. « On prélève, on traite, on réutilise », résume-t-il.

L'enjeu est loin d'être anecdotique dans un territoire confronté à un déficit estimé à 10 000 mètres cubes d'eau par jour. Or, selon lui, les grands travaux engagés pour renforcer les capacités de production ne permettront de retrouver qu'un volume équivalent à l'horizon 2035. D'où l'intérêt, estime-t-il, d'agir dès maintenant sur la réduction de la consommation et la réutilisation des ressources existantes.

À l'échelle du territoire, les gains pourraient effectivement devenir significatifs.

Novakamp : des solutions mobiles adaptées aux territoires isolés

Spécialisée depuis plus de vingt ans dans les solutions autonomes d'eau et d'énergie, Novakamp intervient historiquement auprès des armées françaises sur les théâtres d'opérations extérieurs. Ses équipements ont notamment été déployés au Kosovo, en Afghanistan ou encore au Sahel et aujourd'hui en Europe de l'Est.

L'une des particularités de l'entreprise réside dans l'utilisation de modules installés dans des conteneurs transportables : « Ces unités peuvent être déployées rapidement, sans nécessiter de lourdes infrastructures, puis déplacées si nécessaire. » précise Claude Peloux. 

Une démarche complémentaire des grands opérateurs

Claude Peloux tient toutefois à préciser que Novakamp ne cherche pas à concurrencer les grands acteurs du secteur de l'eau potable. « Nous sommes complémentaires », insiste-t-il. L’ambition de l’entreprise est plutôt d'intervenir sur des sites isolés ou confrontés à des difficultés particulières, là où des solutions plus souples peuvent être déployées rapidement.

À Mayotte, cela pourrait concerner des écoles, des équipements publics, des communes éloignées ou encore certaines infrastructures sensibles comme les hôpitaux.

Former les compétences locales

Au-delà des équipements, le projet comporte également une dimension de formation. Novakamp travaille avec plusieurs acteurs locaux afin d'étudier la création de filières professionnelles autour des métiers du traitement de l'eau, de l'énergie et de la maintenance. L'objectif est de permettre aux Mahorais de s'approprier ces technologies et d'assurer localement leur exploitation de l’eau.

À travers cette nouvelle mission à Mayotte, Claude Peloux entend ainsi défendre une approche pragmatique : « mieux utiliser chaque litre d'eau disponible, réduire le gaspillage et renforcer progressivement l'autonomie du territoire face à une ressource devenue plus précieuse que jamais. »