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Une édition 2026 du TOMA profondément ancrée dans le présent et le réel avec un engagement renforcé en faveur de la découverte

Du 4 au 23 juillet prochains, les créations ultramarines où se côtoient théâtre, danses, lectures musicales, spectacles, vont se déployer de nouveau à la Chapelle du Verbe Incarné pour le TOMA 2026 dans le cadre du Festival Off d’Avignon. Une 29ème édition profondément ancrée dans le présent et le réel avec un engagement renforcé en faveur de la découverte. Façon, à l’heure où les replis identitaires s’accentuent, de réaffirmer la volonté de défendre un espace qui permet l’expression la plus large des identités plurielles. 

Véritable « lieu de justice culturelle » pour reprendre la jolie formule de Greg Germain, co-créateur avec Marie-Pierre Bousquet de TOMA, le Théâtre d’Outre-mer en Avignon va de nouveau, comme chaque année depuis 1998, se déployer pendant quasiment tout le mois de juillet, dans le cadre du Festival Off d’Avignon.

Cet évènement qui permet la diffusion des créations ultramarines et fait entendre des voix singulières venues d’horizon « trop souvent tenu à distance des grands récits culturels » en est aujourd’hui à plus de 260 spectacles présentés et à plus de 4 000 représentations, lectures, conférences, projections, université d’été et expositions qui ont attiré près de 130 000 spectateurs, dont 10 500 professionnels. Un bilan globalement très positif qui illustre ce besoin d’appropriation et de reconnaissance des imaginaires d’Outre-mer.

Temps d’échange avec Christiane Taubira à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira

Des imaginaires traversés par les mémoires, les langues et les luttes et qui, cette année encore, vont se décliner à travers différents spectacles musicaux, pièces de théâtre, lectures poétiques, rencontres littéraires, spectacles de danse et autres projections et conférences. Ce sera notamment le cas avec les « Ecrans du Tout-Monde » présentés en association avec l’Institut du Tout-Monde, comprenant une projection et un temps d’échange avec l’ex Garde des Sceaux Christiane Taubira et Mathilde Damoisel, à l’occasion des 25 ans de la loi dite Taubira reconnaissant l’esclavage et la traite négrière comme un crime contre l’Humanité. 

Le TOMA 2026 donne aussi à voir des parcours de vie, de résistances et de quêtes d’émancipation comme dans « Sakay » où les conteurs Sergio Grondin de La Réunion et Gad Bensalem de Madagascar reviennent sur un épisode méconnu de l’histoire coloniale française : la tentative d’exil forcé de milliers de Réunionnais vers Madagascar entre 1896 et 1902. Un spectacle monté par la compagnie réunionnaise « Karanbolaz » qui interroge les mémoires, les langues et les identités à travers le théâtre documentaire et les arts de la parole.

Rencontres littéraires et dialogue avec le public

Ce sont encore des histoires qui racontent et suggèrent la possibilité d’autres choses, ensemble comme dans « le monde brûle et moi, je m’achète des Nike » dites par l’auteure, comédienne et metteuse en scène d’origine comorienne, Anturia Soilihi. Ou des rencontres littéraires au cours du karaoké littéraire, sorte de scène ouverte pour les envies de lecture, de slam ou de poésie. Temps fort où la parole circule librement avec, pour cette édition 2026, Greg Germain, co-créateur de TOMA, acteur et réalisateur guadeloupéen. Lecture musicale aussi avec Migail Montlouis –Félicité, journaliste, photographe et auteure martiniquaise qui présente « Pêle-mêle ceux qui chantent en moi », un voyage sensible dans un monde pluriel peuplé d’amitiés, de confidences, d’images et de mélodies.

Dans chaque danse, il y a une histoire à raconter, alors la compagnie guyanaise Entropique danse contre l’oubli en proposant « Incorrigibles » qui fait dialoguer archives, corps dansants et musique pour faire exister sur scène les destins brisés de centaines de femmes envoyées au bagne de Guyane.

Opéra et Bel Canto 

L’opéra aussi pour dire en chanson avec « Suzanne et Léopold –Perles Noires ». Un spectacle musical proposé par Opéra Paris Outre-mer qui explore la vision radicale et surréaliste de Suzanne Roussi Césaire face à l’humanisme de Léopold Sédar Senghor, deux grandes figures du mouvement littéraire Négritude, pour célébrer la parole comme arme de libération en mêlant compositions de Roger et Olivier Calmel, poésie et performances scéniques. A la distribution la soprano martiniquaise Marie-Claude Bottius et le ténor Thomas Morris accompagné aux percussions par Amadou Daou sur une mise en scène épurée du Martiniquais Hervé –Claude Ilin et de la scénographe Jeanne Degois.

Bel canto encore avec le « Dernier chant de La Bounty – Te Reo Hoea A Te Bounty » de la compagnie polynésienne Bel Canto Tahiti qui nous invite à embarquer pour un voyage musical intense où les chants envoûtants et les rythmes puissants donnent vie à l’épopée de La Bounty. 

Des histoires qui nous ramènent à l’actualité et aux complexités du monde 

Des histoires qui s’inspirent de l’actualité qui interrogent voire dérangent comme « Barrage », une immersion au cœur d’une nuit d’émeutes en Nouvelle-Calédonie où face à des jeunes émeutiers, parents d’élèves, professeurs, loyalistes et indépendantistes s’unissent pour défendre un lycée. Dans cette pièce qui révèle la complexité des tensions identitaires et politiques traversant la société calédonienne, la Compagnie calédonienne « Exil » cherche à offrir une réflexion percutante sur les fractures post-coloniales et à donner voix aux populations locales peu audibles dans le débat national sur la Nouvelle-Calédonie qui agite le personnel politique dans l’hexagone.

Réflexion encore lors des rencontres et des conférences ayant lieu dans le cadre de l’université d’été de la Sorbonne –Nouvelle proposée par le laboratoire SEFEA réunissant des artistes (Samantha Pardon, Sylvie Chalaye, Véronique Essaka, Véronique Kanor, Daniely Francisque) qui ont collaboré au numéro de Théâtre/Public consacré à la « créolisation des arts et des cultures sur les scènes contemporaines ». Et beaucoup d’autres grands moments et de différents rendez-vous qui nourrissent le dialogue avec le public et font « surgir d’autres manières de dire le monde », comme l’espèrent Marie-Pierre et Greg Germain.au sein du TOMA.

E.B.

TOMA 2026

Du 4 au 23 juillet 2026  

Chapelle du Verbe Incarné

21G rue des Lices

84000 Avignon

Renseignements : info@verbeincarne.fr – Tél : 04 90 14 07 49