Avec cinq hôtels Karibea en Martinique et deux écoles Vatel à la Martinique et en Guadeloupe, le groupe Fabre-Domergue (GFD) poursuit un itinéraire construit autour de deux piliers : la montée en gamme des structures hôtelières et le développement des compétences. Une trajectoire au service de la destination antillaise, qui ne pourra toutefois pleinement porter ses fruits sans une mobilisation collective pour faire du tourisme une véritable priorité dans les territoires. Pour Outremers360, Enguerrand Fabre, directeur de GFD, propriétaire des hôtels Karibea et des écoles Vatel, a accueilli nos équipes au sein de ses établissements. L’occasion de présenter la stratégie du groupe, mais aussi de lancer un appel aux élus et aux pouvoirs publics afin qu’ils fassent du tourisme une véritable priorité pour la Martinique et la Guadeloupe.
Au-delà des investissements hôteliers, le pari d’une destination entière
Depuis la sortie de la crise sanitaire, le groupe a engagé d’importants investissements dans la rénovation de ses établissements, l’amélioration de l’accueil et le développement de nouveaux services. Enguerrand Fabre reconnaît cependant que les ambitions restent contraintes : « On investit énormément, mais pas suffisamment. On a plein d’idées pour monter en gamme, mais on est limités par nos moyens », explique-t-il. Or la qualité d’une destination ne dépend pas uniquement de ses chambres d’hôtel. Elle repose aussi sur ses routes, ses espaces publics, sa propreté, sa signalétique, son approvisionnement en eau, sa sécurité ou encore sa capacité à accueillir les visiteurs tout au long de leur séjour. « Un hôtel ne peut pas y arriver seul », résume-t-il.
Face à des destinations caribéennes comme la République dominicaine ou Sainte-Lucie, qui ont fait du tourisme une priorité économique, le dirigeant appelle à dépasser les déclarations d’intention. « Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut développer le tourisme. Mais maintenant, il faut passer aux actes. »
Cette mobilisation doit, selon lui, associer les collectivités locales, l’État, l’Union européenne, les partenaires financiers et les professionnels. L’objectif de la démarche est aussi de mieux lisser la fréquentation sur l’ensemble de l’année, alors que l’activité reste encore très concentrée entre décembre et avril.
Un secteur qui irrigue toute l’économie
Le groupe GFD poursuit une stratégie beaucoup plus large : « le tourisme irrigue tous les secteurs économiques », souligne son dirigeant. Les hôtels travaillent avec les pêcheurs, les producteurs, les fournisseurs, les artisans et les entreprises du bâtiment. Les visiteurs, eux, consomment dans les restaurants, les commerces, les activités nautiques et les lieux culturels. Lorsqu’un établissement entreprend la rénovation de ses chambres ou de ses espaces communs, ce sont également des entreprises locales de peinture, de mobilier, de maintenance ou de construction qui bénéficient de ces investissements.

Cette dynamique doit aussi offrir davantage de perspectives professionnelles aux jeunes Antillais et leur permettre de construire leur avenir sur leur territoire.
Former les professionnels du tourisme aux Antilles
C’est tout le sens du second pilier porté par le groupe GFD. Créée en 2020, les écoles Vatel forment les futurs cadres et responsables de l’hôtellerie et du tourisme. « Comme nous sommes dans un métier de service, il faut que nos salariés aient le sens de l’accueil, de la qualité, de la chaleur humaine et de l’authenticité des relations, tout en étant extrêmement professionnels », explique le dirigeant. À la rentrée 2026, l’école de Guadeloupe accueillera finalement trois classes : une première année de Bachelor, une classe préparatoire ainsi qu’un cursus de niveau MBA.

La formation doit ainsi accompagner une montée en gamme. Car l’expérience du visiteur est multiple et repose à la fois sur la chambre, la restauration, la connexion internet, la qualité de l’accueil et la capacité des équipes à répondre rapidement aux demandes.
Le groupe introduit également davantage de numérique dans les métiers. Les équipes d’étage peuvent, par exemple, signaler immédiatement une anomalie dans une chambre grâce à un outil partagé avec les services techniques et la réception. Une lampe défectueuse peut ainsi être photographiée, signalée et réparée avant l’arrivée du client. Un détail en apparence, mais qui dit beaucoup de l’attention portée à chaque étape du séjour pour le rendre mémorable.
« Nous ne sommes rien sans nos équipes »
Cette exigence de qualité s’appuie sur un management profondément humain, inspiré, selon Enguerrand Fabre, par les valeurs familiales transmises au sein du groupe. « Nous ne sommes rien sans nos équipes. Ce n’est pas moi qui fais tourner l’entreprise, ce sont les salariés qui, à leur poste, font en sorte que cela fonctionne », affirme-t-il.

Respect mutuel, écoute, présence, explication et communication constituent les fondements de cette culture d’entreprise. Une proximité qui ne signifie pas pour autant l’absence d’exigence.
« On peut être respectueux et agréable tout en étant exigeant », insiste le dirigeant, rappelant que la qualité de service et la pérennité des établissements imposent des objectifs de performance et de rentabilité.
À travers ses hôtels et ses écoles, le groupe GFD entend prendre toute sa part dans le développement touristique des Antilles. Mais aucun acteur ne peut, à lui seul, transformer une destination. Dans un environnement devenu plus complexe, imprévisible et fortement concurrentiel, la stratégie commune portée par GFD et Vatel constitue un socle solide pour accompagner la montée en gamme du secteur. Encore faut-il que cette ambition soit relayée et soutenue à l’échelle de l’ensemble du territoire. Une mobilisation devenue essentielle pour permettre à la Martinique et à la Guadeloupe de renforcer durablement leur attractivité et faire face aux défis qui les attendent.

