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Mobilisation lycéenne : Les députés Steevy Gustave et Jean-Victor Castor dénoncent des conditions d'étude indignes et des réponses insuffisantes pour les Outre-mer
© Assemblée nationale

La mobilisation des lycéens ultramarins a fait irruption à l'Assemblée nationale lors de la séance de questions au Gouvernement. Deux députés de l'Essonne Steevy  Gustave (groupe écologiste et social) et de Guyane Jean-Victor Castor (GDR), ont interpellé le gouvernement sur des conditions d'études structurellement dégradées et sur les coupes budgétaires qui aggravent la situation. La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray ont répondu.

 

«Nous aussi on fait partie de la France. La phrase est d'une lycéenne de Guyane. Elle dit, selon le député Steevy Gustave, «notre échec». Les lycéens de Cayenne avaient alerté dès le 7 septembre sur leurs conditions d'études avant même que le mouvement lycéen ne fasse la une dans l'Hexagone. À Mayotte, le lycée du Nord accueille 2 300 élèves. Il a été conçu pour 900. «Faut-il que la crise éclate dans l'Hexagone pour que la souffrance des Outre-mer devienne visible ?» a lancé Steevy Gustave.

À Cayenne : des sanitaires insalubres, des cantines trop chères, des bâtiments dont la sécurité inquiète les élèves. Dans les communes du fleuve guyanais, certains dépendent de la pirogue pour rejoindre leur établissement. Jean-Victor Castor (GDR) est allé plus loin : en Guyane, des jeunes se lèvent à 4 heures du matin et rentrent à 20 heures. À Camopi, des élèves n'ont pas pu aller en classe pendant plus de deux ans. En Guadeloupe : des salles surchauffées, mal ventilées. En Martinique : des absences d'enseignants et des journées trop longues. En Polynésie : des jeunes contraints de quitter leur île et leur famille pour poursuivre leurs études.

Au Moule, en Guadeloupe, des images d'interpellation de mineurs en marge du mouvement ont suscité l'indignation. Steevy Gustave a condamné les violences tout en défendant la légitimité de la colère : «Ce sont des enfants, nos enfants, les enfants de la République. Quand ils réclament un professeur, un repas, de l'eau potable, des toilettes propres, c'est la France qui doit rendre des comptes.» «Voilà la triple peine», résume Steevy Gustave : «Grandir dans les inégalités, étudier dans des conditions qui les aggravent, et parfois quitter son île et sa famille pour poursuivre ses études.»

 La vétusté du bâti,  premier problème cité en Outre-mer

Ces constats sont confirmés par les données de la plateforme de contributions ouverte par le ministère de l'Éducation nationale. La vétusté du bâti est le premier problème cité dans chaque territoire par 58 % des contributions en Martinique, 53 % en Guyane, 50 % en Guadeloupe, a indiqué Edouard Geffray dans l'hémicycle.

Le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray a indiqué que le Premier ministre avait réuni l'ensemble des présidents de régions pour prioriser les investissements dans le cadre du projet de loi de finances. Pour Mayotte, où l'État est directement compétent, il a annoncé l'ouverture du plus grand lycée des métiers du territoire en mars 2027, ainsi que la livraison d'une série d'établissements dans les trois prochaines années.

Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer a précisé avoir réuni la semaine précédente les exécutifs régionaux des territoires ultramarins pour «accélérer, voire débloquer les projets de rénovation du bâti scolaire, on va regarder territoire par territoire, projet par projet et notamment en Guyane, là où on peut encore mobiliser des financements pour procéder notamment aux rénovations et aux réhabilitations ». «Je veux dire aux jeunes Guyanais que nous avons entendu leurs revendications et qu'avec le ministre de l'Education nationale, nous sommes au travail», a-t-elle déclaré.