Le président de la Chambre d’Agriculture de Guyane et des agriculteurs ultramarins placés en garde à vue après une action à Paris

©Confédération paysanne

Le président de la Chambre d’Agriculture de Guyane et des agriculteurs ultramarins placés en garde à vue après une action à Paris

Une centaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne, dont le président de la Chambre d’Agriculture de Guyane Jean-Yves Tarcy et des agriculteurs ultramarins, sont parvenus mercredi à entrer dans une annexe du ministère de l'Agriculture à Paris, qu'ils ont occupée pendant une heure avant d'être délogés, et placés en garde à vue. 

Une « vingtaine de manifestants ont été interpellés, dont les trois porte-parole nationaux du syndicat », a-t-on indiqué à la Confédération paysanne en fin d'après-midi. Peu après 16h, les manifestants réunis dans l'enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l'entrée du ministère dans le 7e arrondissement de Paris, ont déployé une banderole plaidant : « L'agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ».

Étaient présents des agriculteurs venus d'Outremer, dont Jean-Yves Tarcy, pour clamer « la solidarité entre les paysans » et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l'accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d'exploitants et de grands groupes agroindustriels.

« Les paysan·nes des DROM subissent depuis des décennies une posture condescendante et néocoloniale de la part de l’État français. En première ligne des accords de libre-échange, les territoires des DROM subissent les nombreuses importations déloyales en provenance de pays aux conditions sociales et environnementales de production largement moins-disantes. La signature de l’accord de libre-échange UE-Mercosur sera une nouvelle atteinte grave à notre souveraineté alimentaire » a déclaré le syndicat sur sa page Facebook. 

« Voilà qui montre toute la considération du gouvernement pour les territoires ultramarins » a déclaré sur Facebook la députée Manon Meunier, alors que le président de la Chambre d’Agriculture de Guyane et les agriculteurs ultramarins seraient toujours en garde à vue ce matin. « Nous demandons la libération immédiate des 52 paysans en garde-à-vue », a-t-elle ajouté. Un rassemblement de soutien est prévu ce jeudi à 11h, au commissariat du 13ème arrondissement de Paris.

Fanny Métrat, une des porte-parole de la Confédération paysanne, également interpellée hier, a demandé la « décolonisation de l'agriculture » et « la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l'Agriculture ».

Cette déclaration intervient au lendemain d'une nouvelle salve d'annonces du gouvernement qui a notamment promis une « loi d'urgence agricole » portant sur la prédation (attaques de prédateurs sur le bétail), l'eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l'alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs qui domine le paysage syndical agricole.

La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l'État avant l'émergence d'autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d'imposer son ordre du jour à l'État. « La FNSEA arrive avec sa liste de courses et est remerciée par le Premier ministre, encore hier », a lancé Stéphane Galais, lui aussi porte-parole de la Confédération paysanne, en référence à l'entrée dans Paris de plus de 350 tracteurs mardi, escortés par la police.

« La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu'on se mobilise, tout ce qu'on obtient c'est de la répression », a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat. Vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais avaient été interpellés brutalement au pied de l'Arc de Triomphe, où ils étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.

Avec AFP