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La corruption en Guadeloupe « quatre fois plus importante » qu'au niveau national selon l'Agence Française Anticorruption
Palais de Justice de Guadeloupe (Illustration)

« Le nombre d'atteintes à la probité est quatre fois supérieur en Guadeloupe par rapport au niveau national », a indiqué vendredi devant la presse Isabelle Jegouzo, directrice de l'Agence française anticorruption, en visite en Guadeloupe.

« En Guadeloupe on a plus qu'ailleurs de la prise illégale d'intérêts et du détournement de fonds publics », a-t-elle précisé. Selon elle, « à peu près 80% des infractions » concernent « le secteur public local et les élus et 20% concernent l'État », dans les services régaliens par exemple.

Une délégation de l'AFA entend ainsi « sensibiliser au risque corruptif », jusqu'à mardi, des cadres de l'aéroport, du Grand Port Maritime, des agents de l'État, élus et agents territoriaux, ainsi que des dirigeants d'entreprises.

« Nous sommes dans un petit territoire, en plus insulaire, où tout le monde se connaît, où le risque de collusion, de faire plaisir à un ami etc, peut entraîner des mécanismes de corruption », a expliqué Thierry Devimeux, le préfet de l'archipel. Il pointe « aussi la pression externe » des narcotrafiquants qui cherchent à « pénétrer [la] société, à la fragiliser », et dont le mode d'action « est d'activer la corruption à tous les étages ».

Cette situation « préoccupe [l'agence] mais ce n'est pas une fatalité », selon Isabelle Jegouzo, qui préconise de renforcer la prévention, la formation, les dispositifs d'alerte et les contrôles internes, avant de sanctionner les manquements. « Que chacun sache ce qu'il doit faire, par exemple quand on lui propose un cadeau ou qu'on lui demande un service », indique-t-elle.

« Il y a besoin, ici comme partout. On se met au niveau des standards », reconnaît Olivier Fouque, directeur régional des douanes de Guadeloupe et des Îles du Nord.

Alors qu'il assistait aux échanges de vendredi, dans un hôtel du Gosier, Ferdy Louisy, élu local, ancien président du SMGEAG (Syndicat Mixte de Gestion de l'Eau et de l'Assainissement) s'est interrogé : « Quels sont les moyens financiers matériels, que l'État mettra en place ? » pour lutter contre la corruption.

Pour lui, certaines pratiques peuvent être « faites par inadvertance, par méconnaissance » et, même s'il reconnaît des dérives, « ce n'est pas la mafia [NDLR, en Guadeloupe] comme cela existe dans beaucoup de territoires de l'Hexagone ». Les acteurs du dossier s'accordent à dire qu'il est « difficile » de chiffrer l'impact de la corruption.

L'AFA se rendra ensuite en Martinique, puis, plus tard, en Guyane.

Avec AFP