Outremers 360 poursuit sa série hebdomadaire sur les personnalités emblématiques qui ont marqué l’histoire des Outre-mer. À l’occasion de la Fête de la musique aujourd’hui, nous nous penchons sur la brillante mais brève carrière de la chanteuse antillo-guyanaise Édith Lefel. Charismatique et adulée par son public, elle a laissé une trace indélébile dans la musique antillaise. Retour sur un itinéraire d’exception.
Ses fans sont encore nombreux à aller fleurir sa tombe au cimetière du Père Lachaise à Paris, où elle est inhumée. Décédée trop tôt d’une crise cardiaque, le 20 janvier 2003, à l’âge de trente-neuf ans, Édith Lefel fut comme une petite comète qui a traversé et illuminé nos vies de ses chansons.
L’artiste est née en novembre 1963 à Cayenne, d’une mère guyanaise et d’un père martiniquais. Alors qu’elle a trois ans, la famille part s’installer en Martinique. La petite Édith est passionnée par la musique dès son enfance, ses parents étant mélomanes et son frère aîné faisant des tournées comme guitariste dans des fêtes communales. Adolescente, elle commence à interpréter des morceaux dans son groupe.
À l’âge de quatorze ans, Édith Lefel s’installe avec sa mère à Saint-Denis, en région parisienne. Elle poursuit ses études mais la musique reste dans sa ligne de mire. En 1984, elle a alors 21 ans, elle entame une carrière de choriste et croise des figures importantes du zouk comme Jean-Philippe Marthély et Patrick Saint Eloi. Puis sa carrière s’accélère d’un coup. Elle est appelée la même année à effectuer une tournée aux Antilles.
Édith Lefel y rencontre en particulier l’auteur compositeur martiniquais Ronald Rubinel, qui devient son producteur et compagnon. Ce dernier écrit un bon nombre de ses chansons. L’année 1987 va propulser la chanteuse sur la scène nationale, quand le célèbre groupe Malavoi l’invite sur la scène du Zénith de Paris. Un passage réussi qui lui ouvre notamment des collaborations avec Kassav, Zouk Machine, Philippe Lavil et Ralph Tamar. Un an plus tard, son premier album solo, La Klé, connaît un franc succès.
En 1992, Édith Lefel décroche le prix de la meilleure chanteuse de l’année de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) pour son deuxième album Mèci, vendu à plus de 40.000 exemplaires, un succès à l’époque pour une chanteuse du registre zouk. L’année 1996 voit sa consécration avec une remarquable prestation à l’Olympia et la sortie de son album Rendez-vous.
Deux autres opus vont couronner sa carrière : À fleur de peau, sorti en 1999 et Si seulement en 2002. Dans ces dernières compositions, l’artiste élargit son style musical en intégrant des rythmes salsa, de biguine et de mazurka. Avant son décès, Édith Lefel avait de nombreux projets, notamment une grande tournée pour 2003. Mais le destin en a décidé autrement… (Pour aller plus loin, lire l’ouvrage d’Émelyne Medina-Defays, Édith Lefel, une vie, Creon music, et celui de Marie-Line Ampigny, Édith Lefel, une flamme créole, éditions Jasor).
PM
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