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Exploration d’hydrocarbures en Outre-mer : Davy Rimane et Jean-Victor Castor actent une « rupture avec la gauche » après le rejet de la PPL en commission

La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi visant à lever l’interdiction d’exploration d’hydrocarbures en Outre-mer, en plus singulièrement en Guyane. Une position « dogmatique » ont dénoncé les députés guyanais, qui siègent au groupe Gauche démocrate et républicaine.

La PPL avait été défendue préalablement au Sénat par Georges Patient, sénateur RDPI de Guyane. Elle avait été adoptée malgré l’opposition du gouvernement et ce mercredi, celle-ci a été examinée par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, à l’issue de laquelle l’article premier, « cœur du texte », a été supprimé, rejetant de facto le texte.

Pour rappel, cette proposition de loi vise à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Cette interdiction découle de la loi n°2017-1839 du 30 décembre 2017, dite « loi Hulot », qui organise l’arrêt progressif de la recherche et de l’exploration des hydrocarbures en France, avec pour objectif un arrêt définitif de ces activités.

« A la sortie de cette commission, nous exprimons une profonde amertume » ont écrit les deux députés de Guyane dans un communiqué commun, qualifiant cette suppression de « choc des mentalités » qui « acte clairement notre rupture avec la Gauche ». « En votant la suppression de l’article premier, la gauche bien-pensante (groupes socialistes, écologistes et LFI, ndlr) et la Macronie nous ont permis de voir clair dans toute cette hypocrisie politique : nos vies ne les intéressent pas », ont-ils également critiqué.

Pour Davy Rimane et Jean-Victor Castor, qui doivent défendre le texte en séance publique le 11 juin, le texte vise surtout à soutenir des territoires qui « subissent une précarité extrême », et dont les « populations sont maintenues dans une situation de dépendance, de sous-développement et d’abandon organisé ». « Nos espoirs de bâtir une société plus juste, notamment pour les personnes les plus démunies, sont réduits à peau de chagrin par des positions dogmatiques prises depuis Paris, sans considération réelle pour nos vies, nos réalités et notre avenir ».

« Nous ne sommes pas des climato-sceptiques. Nous sommes des climato-conscients, parce que nous vivons dans des territoires directement exposés aux conséquences du dérèglement climatique, de l’érosion, des pollutions, de la prédation des ressources et des déséquilibres environnementaux » ont aussi justifié les deux députés guyanais qui regrettent un « débat (…) confisqué par une lecture dogmatique et hors-sol ».

« Nous parlons ici de géopolitique. Nous parlons de géostratégie. Nous parlons de souveraineté, de développement, de dignité et de capacité pour la Guyane de sortir de la situation dans laquelle elle est maintenue. Ces arguments leur ont glissé dessus » ont également déclaré les députés, qui se disent « déterminés à ce que la Guyane sorte de cette situation-là, par tous les moyens politiques, démocratiques et institutionnels possibles. Cela implique de prendre des risques. Nous les assumons pleinement ».