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« Des économies ultramarines en reprise, mais encore fragiles », analyse rapport annuel de l’IEDOM
Siège de l’IEDOM en Guadeloupe ©DR

L’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM) vient de publier son rapport d’activité pour l’année 2025. Ce dernier relève que les économies ultramarines ont vu une amélioration de leur conjoncture : baisse de l’inflation, amélioration du climat des affaires, et hausse générale de l’activité. Cependant cette reprise est modeste et de nombreux problèmes demeurent comme les questions des défaillances des entreprises et du surendettement. Des défis que l’IEDOM veut relever avec son Nouveau plan stratégique 2025-2027. Tour d’horizon.

Inflation : Dans la France entière, excepté Mayotte, l’inflation s’élève à +0,8% en 2025, contre +1,3% et +3,7% lors des deux exercices précédents. Les départements et collectivités d’outre-mer (DCOM) de la zone euro connaissent la même tendance baissière en 2025. Tous présentent des taux d’inflation modérés compris entre +0,9% et +1,9%, à part Saint-Pierre-et Miquelon avec une quasi-stabilité des prix à fin décembre 2025 (-0,2 %). « L’alimentaire continue d’être parmi les principaux facteurs de l’inflation. Il connaît des hausses avec une plus grande dispersion en 2025, et s’établit entre +0,6% et +5,1%, contre +1,6% et +3,4% en 2024 », observe l’IEDOM.

Situation monétaire et financière : Au 31 décembre 2025, l’encours sain des crédits délivrés aux DCOM de la zone euro par les établissements bancaires représente 66,4 milliards d’euros, en augmentation de 5,8% sur un an. La place bancaire locale constitue 71% de l’encours total. Les crédits à l’habitat et les crédits d’investissement atteignent à 78% de l’encours total (38% et 40% respectivement). La dynamique des crédits à l’habitat reste forte en 2025, malgré une légère contraction (+2,7% après 5,3% en 2024). Par ailleurs, les crédits d’investissement poursuivent leur hausse (+2% en 2025 après +2,5% en 2024).

Défaillances des entreprises : « En 2025, 2832 redressements et liquidations judiciaires d’entreprises ont été enregistrés en Outre-mer. (…) En 2025, le nombre de défaillances est supérieur de 60% à la valeur moyenne observée sur la période 2011-2025 dans les départements ultramarins », souligne le rapport. L’IEDOM constate une forte augmentation en Guadeloupe (+44,3%), en Guyane (triplement des défaillances), et moindre en Martinique (+15,6%). La tendance est inverse à La Réunion (-1,2%) sur un an, et à Mayotte (-52,4%).

Délais de paiement : Ils restent contrastés selon les territoires. Dans le bassin Atlantique, la Guadeloupe fait figure de bon élève, avec des délais clients qui reculent de 2 jours à 40 jours, et des délais fournisseurs qui baissent de 3 jours à 45 jours (délai fournisseurs le plus faible parmi les géographies des DCOM de la zone euro). La Martinique présente quant à elle les délais clients les plus courts à 37 jours. Dans le bassin de l’océan Indien, « les entreprises mahoraises sont les seules à régler leurs fournisseurs au-dessus du seuil légal à 63 jours (+2 jours) mais ces dernières sont également réglées plus tardivement, à 62 jours (+3 jours). La charge du crédit inter-entreprises se renforce pour les entreprises mahoraises pour atteindre 24 jours (+2 jours) », précise le rapport.

Indicateur du climat des affaires : L’année 2025 se caractérise par des ICA (opinion des chefs d’entreprise sur la situation économique) en hausse dans l’ensemble des DROM. Un niveau supérieur à 100 indique que l’opinion des dirigeants d’entreprise sur la conjoncture est favorable, car supérieure à sa moyenne sur une longue période. Ainsi, il s’établit en fin d’année à 102,7 en Martinique, 103,8 en Guadeloupe, 104,9 en Guyane, un peu plus de 100 à La Réunion et 113 à Mayotte.

Le surendettement : En 2025, l’IEDOM a traité 3915 dossiers de surendettement, dont 3186 ont été déclarés recevables par les commissions départementales. Le nombre de dossiers déposés est en augmentation de 20% par rapport à 2024, et de 49% par rapport à 2023. Parmi les dossiers étudiés, 37% ont été suivi de mesures imposées sans effacement des dettes ou avec effacement partiel. En outre, 35% des dossiers ont entraîné des décisions de rétablissement personnel au terme desquelles les débiteurs ont vu l’effacement de leurs dettes.

Nouveau plan stratégique 2025-2027 : Ce nouveau plan de l’IEDOM, intitulé « CRÉER 2027 », est basé sur cinq priorités stratégiques. Trois pour renforcer son rôle au service des économies d’Outre-mer : « garantir la sécurité des moyens de paiement et l’efficacité des instruments de politique monétaire ; renforcer leur contribution au débat économique ; et mieux accompagner les particuliers et les entreprises », et deux priorités relatives à son organisation interne afin de gagner en efficacité : « assurer la performance et la résilience de notre organisation ; et répondre aux nouveaux enjeux des ressources humaines ».

Rappel : l’IEDOM c’est quoi ? L’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM) exerce ses missions au sein de l’Eurosystème, formé par la Banque centrale européenne et des banques centrales nationales de la zone euro. L’IEDOM assure les missions de banque centrale par délégation de la Banque de France dans les départements et collectivités d’Outre-mer dont la monnaie est l’euro. Société filiale de la Banque de France, elle s’est donnée quatre missions principales : la stratégie monétaire, la stabilité financière, les services à l’économie et à la société, ainsi que le suivi économique des territoires ultramarins.

PM