A l’occasion de son volet rétrospective sous le thème « Juges et Témoins », le festival « Premiers Plans d’Angers » qui se tient du 17 au 25 janvier 2026, a sélectionné une vingtaine de films pour plonger le spectateur à l’intérieur du monde judiciaire, dont « Une saison blanche et sèche » d’Euzhan Palcy, avec notamment au casting Marlon Brando, monstre sacré du cinéma mondial, s’il en est. Un film qui a définitivement imposé la réalisatrice martiniquaise aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes cinéastes contemporaines de sa génération, en témoigne son oscar d’honneur reçu en 2022 pour l’ensemble de sa carrière.
Le festival « Premiers Plans » d’Angers est consacré aux premières œuvres cinématographiques européennes, accueillant des jeunes réalisatrices et réalisateurs d’Europe pour faire entendre leurs voix et leur vision du cinéma d’aujourd’hui et de demain. La ligne éditoriale de festival s’inscrit non seulement dans la découverte de nouveaux talents, mais également d’hommages rendus à celles et ceux qui les ont précédés.
Ainsi, cette 38ème édition qui met en compétition une centaine de films, longs, moyens et court-métrages, a également programmé dans son volet « rétrospective », une vingtaine de titres sous le thème « Juges et Témoins » qui plonge le spectateur à l’intérieur du monde judiciaire. Parmi ces films figure « Une saison blanche et sèche », - « Dry white season » dans sa version originale – d’Euzhan Palcy qui est le second long-métrage de la réalisatrice martiniquaise tourné en 1989 après le succès de « Rue Case-Nègre ».
Marlon Brando, monstre sacré du cinéma mondial au casting
Adapté du roman éponyme d’André Brink, auteur sud-africain, publié en 1979, et basé sur des faits réels, le film a été tourné au Zimbabwe voisin de l’Afrique du Sud, alors que Nelson Mandela est encore en détention. Grâce à son audace et à sa détermination facilitée – il est vrai – par son excellent premier film « Rue Case-Nègre » récompensé par de nombreux prix à travers le monde, dont le Lion d’Argent à la Mostra de Venise, la cinéaste martiniquaise parvint à convaincre Marlon Brando, monstre sacré du cinéma mondial, s’il en est, de sortir de sa retraite pour incarner le rôle de l’avocat dans le film. Censuré en Afrique du Sud, « Une saison blanche et sèche » sera non seulement un succès critique, mais également un succès populaire.
Un film qui a bouleversé les consciences et participe aux combats sociaux
Le film raconte la prise de conscience politique en 1976 d’un Afrikaner bien-pensant, Ben du Toit, professeur d’histoire qui, confronté aux atrocités de l’apartheid, va prendre conscience de la réalité du pays dans lequel il vit après l’incarcération, les tortures et enfin l’assassinat de son jardinier noir, Gordon et de son fils Jonathan. Débute alors pour le paisible père de famille un combat périlleux et semé d’embûches pour faire valoir la vérité et tenter de rétablir une forme de justice. Cette production hollywoodienne a bénéficié d’un casting exceptionnel composé, outre de Marlon Brando, mais aussi de Donald Sutherland dans le rôle- titre, de Susan Sarandon et Zakes Mokae notamment.
Plus de trente ans après sa sortie, « Une saison blanche et sèche » est encore présent dans les mémoires car il a marqué toute une génération. Ancré dans le réel, il retrace, à travers un fait réel, un pan de l’histoire du monde. Grâce à ce film, on a pu mettre se rendre compte des sévices causés au nom de l’apartheid, et par le biais du cinéma, chercher à panser les plaies de l’histoire. « Une saison blanche et sèche » offre un espace de reconnaissance, de réparation symbolique, et participe aux combats sociaux qui bouleversent les consciences et c’est en cela qu’il est encore terriblement d’actualité.
38ème édition du Festival « Premiers Plans » d’Angers
Du 17 au 25 janvier 2026
Renseignements : info@premiersplans.org























