À quelques heures du grand départ, l’équipage 219 du Rallye Aïcha des Gazelles s’élance avec une double ambition : défier le désert marocain et faire résonner une cause encore trop méconnue : la drépanocytose. Entre excitation, pression et engagement, Nathalie Sarfati et Nora Nonet embarquent pour une aventure humaine hors norme. Outremers360 a pu recueillir leurs impressions avant le départ, ambiance.
Arrivées à Marrakech ce vendredi 27 mars, pour Nathalie Sarfati et Nora Nonet, journalistes au pôle Outre-mer de France Télévisions, l’aventure devient enfin réalité après deux années de préparation intense. « On a récupéré la voiture aujourd’hui et on a pu mettre tous les stickers de nos partenaires. Et dimanche, direction Erfoud, d’où partira le rallye », détaille Nathalie.
Engagées en catégorie 4x4 / Camion, les « Sista Gazelles » prendront le départ à bord d’un Ford Ranger pick-up double cabine, un véhicule taillé pour affronter les terrains exigeants du désert. Avant le grand bain, les étapes s’enchaînent : vérifications techniques le 30 mars, prologue le 1er avril… puis le grand saut. « Du 2 au 9 avril, c’est tout le rallye. On n’aura plus de téléphone, plus rien. Juste nos cartes, nos boussoles… et le désert », poursuit-elle.
Entre excitation et « bon stress »
Après le report de l’an dernier, l’émotion est palpable. « C’est un mélange d’excitation… et de se dire : où est-ce que je vais ? », confie Nathalie Sarfati. « Mais c’est du bon stress. Ça fait deux ans qu’on est sur ce projet, le voir se concrétiser, c’est incroyable. » Même énergie du côté de Nora Nonet : « Un peu excitée… et en même temps je me demande si j’ai tout pour affronter les conditions : le chaud, le froid… et le fait de se retrouver toutes les deux seules dans le désert. »

Car le Rallye Aïcha des Gazelles n’est pas une course comme les autres : pas de GPS, pas de vitesse. L’objectif ? Trouver un maximum de balises… en parcourant le moins de kilomètres possible. Un défi de précision et d’endurance.
Conduire dans les dunes marocaines n’a rien à voir avec le périphérique parisien. « On a fait notre stage de préparation au Maroc… et là, on se sent vraiment dedans », explique Nathalie. « Mais les dunes, ça reste une appréhension. On peut s’enliser, se retourner… ». Nora, elle, a déjà hâte d’y retourner : « J’ai envie de rouler, de retrouver les dunes… d’avoir un cap et de tracer la route. » Seule ombre au tableau : la faune locale. « Les scorpions dans les chaussures… les serpents… va falloir que je m’y prépare », reconnaît-elle, sans pour autant envisager de renoncer.
Un combat au cœur de l’aventure : la drépanocytose
Au-delà du défi sportif, leur participation porte un message fort : sensibiliser à la drépanocytose. La drépanocytose est une maladie héréditaire qui affecte les globules rouges. Elle entraîne des douleurs chroniques, des complications graves et touche particulièrement les populations d’origine africaine, antillaise et méditerranéenne. Pourtant, elle reste encore largement méconnue du grand public.
Pour Nathalie, l’engagement est personnel : « J’ai rencontré Jenny Hippocrate il y a 25 ans… c’est une cause qui me tient à cœur. C’était une évidence de porter ce combat. » Sur leur véhicule, impossible de passer à côté : « On a fait un grand sticker : « Notre combat : la drépanocytose ». Et un drapeau qu’on espère brandir à l’arrivée à Essaouira. » Même ambition pour Nora : « Le podium, ce serait surtout pour exposer au mieux cette maladie… alerter et la rendre visible. »
Une aventure rendue possible de justesse
Si le départ est aujourd’hui acté, il s’est joué à peu de choses. « Il y a deux mois, on ne partait pas. Il nous manquait 13 000 euros », raconte Nathalie.
Entre désillusions et coups de chance, tout s’accélère : une bourse de 6 500 euros, puis une vague de soutiens de dernière minute. « À partir du moment où on s’est dit “on y va”, tout est tombé. C’est un truc de fou ». Nora insiste sur cet élan collectif : « Merci à tous ceux qui ont cru en nous… cette solidarité est vraiment chouette. »

Compétitrices dans l’âme, les deux journalistes ne cachent pas leurs ambitions. « Moi je suis bélier, je vais là-bas pour gagner », lance Nathalie avec le sourire. « On vise le meilleur classement possible… pourquoi pas le podium des premières participations ». Mais l’essentiel reste ailleurs : aller au bout, éviter les erreurs, et porter leur message.
160 équipages, une même aventure
Elles seront environ 160 équipages au départ de cette édition 2026, prêtes à affronter les paysages extrêmes du Maroc. Leur parcours les mènera jusqu’à Essaouira, où la remise des prix est prévue le 11 avril.
En attendant, Nathalie et Nora invitent le public à les suivre : « Les gens peuvent nous envoyer des messages… On est l’équipage 219. Le soir, dans notre tente, ça nous fera tellement plaisir de lire ces encouragements. »
Du 2 au 9 avril, les gens pourront nous suivre quasi en direct : https://live2026.rallyeaichadesgazelles.com/
À noter : pour cette 35e édition, les sœurs polynésiennes Leïana et Mailee Faugerat-Dang, engagées avec l’équipage 102, porteront elles aussi les couleurs des Outre-mer sur les pistes marocaines.
Tania Imache






















