Air Canada a annoncé vendredi suspendre ses vols vers Cuba pour une période indéterminée, invoquant « une incertitude politique et économique » sur l’île, dont le président américain Donald Trump a menacé de « prendre le contrôle » militaire.
« En raison de l’incertitude politique et économique qui persiste à Cuba, Air Canada suspend pour une période indéterminée ses liaisons vers l’île », a indiqué la compagnie aérienne basée à Montréal dans un communiqué.
Plusieurs autres compagnies canadiennes, comme Sunwing et WestJet ont aussi annoncé suspendre leurs vols. « À la suite de l’analyse de notre programme à Cuba et de l’environnement d’opérations actuel, le Groupe de Vacances Sunwing a pris la décision difficile de suspendre indéfiniment toutes ses activités à Cuba, jusqu’à nouvel ordre ».
Les Canadiens représentaient une part importante du secteur touristique cubain avant que Washington ne coupe les approvisionnements de l’île et menace d’envahir le territoire communiste. La semaine dernière, le plus grand opérateur hôtelier du pays, la société canadienne Blue Diamond Resorts, a annoncé la fermeture de ses 62 établissements à Cuba.
Les groupes Melià et Iberostar, deux chaînes canadiennes également installées à Cuba, ont aussi mis un terme aux activités de leurs 15 et 12 hôtels. D’après l’AFP, les paiements par cartes de crédit de Visa et Mastercard seront également suspendus dès samedi en raison des sanctions américaines qui ont poussé une banque étrangère à rompre ses relations avec l’île des Caraïbes.
Depuis janvier, l’administration Trump mène une politique de pression maximale contre Cuba, affirmant que l’île communiste de 9,6 millions d’habitants représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis.
L’embargo américain sur le carburant en vigueur depuis janvier a privé l’île du diesel nécessaire aux générateurs utilisés pour soutenir son réseau électrique déjà défaillant, entraînant des coupures de courant pouvant atteindre 22 heures par jour et des pénuries d’eau courante.
Outre cet embargo pétrolier, Washington cible le « Groupe d’administration d’entreprises » (GAE.SA ou Gaesa) lié à l’armée et actif dans de nombreux secteurs-clés de l’économie de l’île. Les transports étant pratiquement à l’arrêt, Cuba manque également de nourriture et de médicaments, ce qui la rend dépendante des livraisons d’aide provenant du Mexique et de la Chine.
Avec AFP

