Alors que les élus ultramarins ont été indignés par l’abstention de la France sur la résolution qualifiant les esclavages africains de « pire crime contre l’humanité », des sources diplomatiques contactées par Outremers360 assurent que cette abstention « traduit avant tout la volonté d’éviter toute hiérarchisation entre crimes contre l’humanité » et rappelle que la France est bien le « premier pays au monde » à le reconnaître avec la loi Taubira.
Mercredi, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution, portée par l’Union africaine, qui qualifie « la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l'humanité ».
Le texte condamne également cette « injustice, la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité ». Le vote a rassemblé 123 voix pour, contre 3 oppositions, les États-Unis, Israël et l’Argentine et 52 abstentions, dont celles du Royaume-Uni et de la France.
Une position qui, dans les Outre-mer, a pu susciter l’indignation des élus. « L’abstention de la France ne doit pas être interprétée comme une prise de distance à l’égard de la mémoire de l’esclavage ou du devoir de vérité et particulièrement à destination des nouvelles générations » assurent les sources diplomatiques contactées par la rédaction.
Pour la diplomatie française, cette « abstention traduit avant tout la volonté d’éviter toute hiérarchisation entre crimes contre l’humanité, qui impliquerait une reconnaissance différenciée des victimes et de leurs souffrances », rappelant que « pour la France, la traite et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité ».
« Elle a été le premier pays dans le monde à les qualifier ainsi avec la loi Taubira de 2001 dont nous célébrerons les 25 ans en mai prochain », et dont l’anniversaire fait l’objet de plusieurs commémorations officielles. « La France partage donc pleinement l’objectif de reconnaissance, de mémoire et de transmission de l’Histoire porté par cette résolution ».
« Par ailleurs, la France est attentive aux enjeux liés au legs de l’esclavage, particulièrement dans ses collectivités ultramarines, dans son dialogue avec les diasporas africaines et ses partenaires africains. Elle a fondé en ce sens la Fondation pour la mémoire de l’esclavage en 2019 et soutient l’instauration de commissions d’historiens pour avancer sur des enjeux mémoriels » conclut-on du côté du Quai d’Orsay.
Un Mémorial national de l’esclavage doit notamment être érigé dans les Jardins du Trocadéro, avec les noms de plus de 300 000 esclaves connus et affranchis en 1848, en France.





















