La gastronomie caribéenne s’est invitée au siège de l’UNESCO à Paris ce vendredi 5 juin, à l’occasion de la deuxième édition des « Journées des Caraïbes / Caribbean Days », organisées par la Chambre de commerce des Caraïbes en Europe (CCCE) et son secrétaire général et directeur exécutif Jo Spalburg, dans le cadre de la treizième édition des Semaines de l’Amérique latine et des Caraïbes (SALC).
Pour clôturer cette semaine consacrée aux échanges économiques, culturels et institutionnels entre les territoires de la Grande Caraïbe, un déjeuner-débat s’est tenu au restaurant de l’UNESCO autour du thème : « Coopération régionale aux Caraïbes : comment faciliter les échanges culturels, académiques et économiques entre les DROM-COM et les pays voisins de la CARIFORUM pour une meilleure intégration au sein du bassin caribéen ».
Animée par l’ancien député européen Max Orville, la rencontre a réuni ambassadeurs, représentants institutionnels, dirigeants d’entreprises et acteurs économiques venus de plusieurs territoires de la Caraïbe. L’événement était organisé par la CCCE, sous l’impulsion notamment de son secrétaire général et directeur exécutif, Joe Spalburg.
Pour cette occasion, c’est le chef guadeloupéen Jérôme Bertin, fondateur de Kreyol Fusion et président du comité Outre-mer des Toques Françaises, qui a été chargé, avec ses équipes, de concevoir le menu servi aux invités.
Au programme : une pirogue de ti-nain en entrée, suivie d’un suprême de volaille fermière ou de la pêche du jour, avant un dessert baptisé « Horizon Passion », composé notamment d’un crémeux passion et d’un sorbet citron vert.
Au-delà de la démonstration culinaire, Jérôme Bertin souhaitait avant tout mettre en valeur le patrimoine gastronomique de la Caraïbe. « L’idée était de garder l’authenticité des goûts, de conserver les incontournables que l’on retrouve dans la cuisine caribéenne comme le piment végétarien ou encore la muscade, tout en les présentant de manière plus novatrice dans les assiettes », explique-t-il.
Le chef souligne également le travail collectif réalisé avec les membres des Toques Françaises pour élaborer le menu présenté à l’UNESCO. « Nous sommes une équipe. Chacun a pu apporter sa touche et ses idées, et nous avons construit ensemble ce menu », indique-t-il.
Pour le Guadeloupéen, cuisiner dans l’enceinte de l’organisation des Nations unies dédiée à l’éducation, la science et la culture représente une reconnaissance particulière. « Ce que nous voulons faire, c’est promouvoir un héritage, promouvoir notre culture. Ici, c’est l’endroit idéal pour cuisiner. Nous ne sommes pas dans une simple salle des fêtes. C’est un lieu international où les peuples se réunissent pour apprendre les uns des autres », souligne-t-il.
À ses yeux, la gastronomie constitue également un formidable outil de rapprochement entre les peuples. « La cuisine est une langue universelle. Nous n’avons pas réussi à faire la paix dans le monde avec des traités ou des signatures, mais je pense que l’on peut faire la paix autour d’une assiette », estime Jérôme Bertin.

