Dans les jardins du Trocadéro, une centaine de personnes se sont réunies ce mercredi 25 mars pour rendre hommage à Jacques Martial, adjoint à la Maire de Paris en charge de l’Outre-mer, figure du théâtre, du cinéma et de la télévision, disparu le 13 août dernier. Entre émotion, souvenirs et engagement, Anne Hidalgo a inauguré un jardin à son nom, là même où s’élèvera prochainement le mémorial national des victimes de l’esclavage, un combat qu’il avait porté avec détermination. A noter le futur maire Emmanuel Grégoire présent, a fait sa première sortie officielle.
Responsables politiques, artistes, proches et nombreuses personnalités ultramarines se sont rassemblés dans les jardins du Trocadéro ce mercredi 25 mars pour saluer et rendre hommage au comédien, metteur en scène, défenseur des libertés fondamentales et maire adjoint chargé des Outre-mer.
L’émotion s’est installée dès l’ouverture, portée par la voix de la soprano Leila Brédent interprétant des extraits du Chevalier de Saint-Georges. Puis le maire du 16e arrondissement, Jérémy Redler, a pris la parole. « Nous sommes aujourd’hui réunis pour rendre hommage à Jacques Martial, notre collègue disparu trop tôt », a-t-il déclaré, rappelant l’importance du lieu. « Nous ne sommes pas dans un endroit anodin… ici s’élèvera un mémorial dédié aux victimes de l’esclavage. » Saluant « un homme attaché à la liberté des autres », il a insisté sur son rôle de passeur entre les cultures et les mémoires.
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La cérémonie s’est poursuivie avec une lecture de textes par Laëtitia Guédon, directrice des Plateaux Sauvages, accompagnée de Greg Germain, directeur du Théâtre des Outre-mer, et de Sefa Yeboah, sociétaire de la Comédie-Française. Une séquence artistique intense, à la hauteur de l’homme qu’elle honorait.
Le moment le plus intime est venu du témoignage de son mari, Tim Greacen, bouleversant d’authenticité. Évoquant 33 années de vie commune, il a raconté leur rencontre, leurs engagements et la passion insatiable de Jacques Martial pour la culture. « L’idée, c’était que la culture soit accessible à tout le monde… que chacun se sente le bienvenu », a-t-il confié, avant de conclure : « Merci mon Jacquot… ici c’est un lieu où l’on va continuer de faire pousser la vie. »
Émue, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a livré un hommage personnel et puissant. « La rencontre avec Jacques, c’est un privilège dans une vie », a-t-elle affirmé, saluant « un être exceptionnel, humaniste, généreux ». Revenant sur son combat pour la reconnaissance de l’histoire de l’esclavage, elle a souligné son rôle décisif dans l’implantation du futur mémorial : « Ce lieu, ici, c’est lui qui l’a voulu… il y a mis toute son énergie. » Dans un discours marqué par la gratitude, elle a conclu : « Nous gravons aujourd’hui son nom dans la pierre de Paris… et dans nos mémoires. »

Présent lors de cette cérémonie, Emmanuel Grégoire y a effectué son tout premier déplacement officiel en tant que futur maire de Paris — une présence hautement symbolique. À ses côtés, de nombreuses figures politiques et culturelles, dont les anciennes ministres George Pau-Langevin et Renaud Donnedieu de Vabres, ont assisté au dévoilement de la plaque. Les sœurs de Jacques Martial, Josiane et Josette, ont reçu des reproductions de cette plaque en mémoire de leur frère.
La cérémonie s’est poursuivie par une déambulation dans ce jardin désormais baptisé à son nom, guidée par Serge Romana, co-président du comité de pilotage du projet de mémorial. Là, face à la Tour Eiffel et au Parvis des droits de l’Homme, s’élèvera bientôt le mémorial national des victimes de l’esclavage. « On traite l’horreur par le magnifique », a-t-il résumé, rappelant la portée universelle de ce futur lieu.
En inscrivant le nom de Jacques Martial dans ce paysage hautement symbolique, Paris ne rend pas seulement hommage à un homme de culture et d’engagement. Elle ancre, dans la pierre et dans la mémoire collective, le combat d’une vie : celui de la dignité, de la transmission et de la reconnaissance.
Tania Imache





















