Le contre-amiral Yann Bied-Charreton a été nommé commandant supérieur des Forces armées de Polynésie française et de la zone maritime Pacifique à compter du 1ᵉʳ août. Il succédera au contre-amiral Guillaume Pinget, en poste depuis 2024. En plus de ses casquettes de « Comsup » et « d’Alpaci », il assumera l’autorité sur le « Commandement pour le Pacifique » (CPP), structure créée en janvier pour mieux coordonner les forces armées de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française et prendre des décisions opérationnelles pour toute la région en cas de crise. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Le décret, signé par le président Emmanuel Macron, le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres des Armées et des Outre-mer Catherine Vautrin et Naïma Moutchou, était passé inaperçu lors de sa parution au Journal officiel le 24 juin.
Le contre-amiral Yann Bied-Charreton y est nommé commandant supérieur des Forces armées de Polynésie française (Comsup), et dans le même temps commandant des zones maritimes Océan Pacifique et Polynésie française (Alpaci), commandant de la base de défense de Polynésie française et commandant du centre d’expérimentations du Pacifique. Des fonctions qu’il doit assumer à compter du 1ᵉʳ août 2026, en remplacement du contre-amiral Guillaume Pinget, en poste en Polynésie depuis maintenant deux ans.
Né en 1970 à Lorient et fils d’un officier général de Marine, Yann Bied-Charreton, formé à l’École navale à partir de 1991, a connu parmi ses premières affectations le patrouilleur Albatros, à bord duquel il a effectué plusieurs missions de police des pêches vers les Terres australes et antarctiques françaises depuis l’île de La Réunion. Spécialisé, en début de carrière, dans les systèmes de combat « au-dessus de la surface », il a notamment exercé les fonctions de chef de service « Armes » du porte-avions Charles de Gaulle, il a commandé plusieurs bâtiments, dont les frégates Courbet et Latouche-Tréville, a été basé à Bayonne, Toulon, ou Brest et a été déployé dans l’océan Indien, le golfe Persique, la mer Noire, et a participé à des missions de soutien aux opérations en Afghanistan ou en Libye, entre autres...
Yann Bied-Charreton, un temps officier d’échange auprès de la Royal Navy, puis, plus tard, auprès du ministère de la Défense allemand, a beaucoup travaillé ces dernières années aux relations internationales militaires. Après un passage par l’État-major des Armées entre 2018 et 2022, puis par l’État-major opérationnel de la Marine, cet officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du mérite est nommé en 2024 adjoint du commandant de la zone maritime Atlantique, et dans le même temps contre-amiral.
Le CPP, nouvelle architecture militaire dans le Pacifique
Le poste de Comsup et d’Alpaci qu’il s’apprête à occuper a connu une évolution, elle-même peu commentée, en janvier dernier, avec la création du « Commandement pour le Pacifique ». Basée en Polynésie, cette « structure de commandement de théâtre » est conçue, d’après l’armée, pour « apporter une meilleure cohérence, une efficacité renforcée et une lisibilité accrue de l’action militaire française » en « mettant en synergie, sans modifier leurs zones de responsabilité », les Forces armées en Nouvelle-Calédonie, qui disposent de leur propre commandement supérieur à Nouméa, et les Forces armées en Polynésie française.
Des forces qui représentent 3 200 militaires permanents -parmi lesquels a été créé un réseau d’officiers de liaison- en plus de la mission française auprès du Commandement américain Pacifique (Uspacom).
Ce « CPP », placé, donc, sous l’autorité du Comsup de Polynésie, a pour mission de « mettre en œuvre la stratégie militaire opérationnelle en Asie-Pacifique », y gérer les unités déployées en renfort depuis l’hexagone, coordonner les activités des forces armées de Polynésie et du Caillou et développer leur interopérabilité…
Et surtout prendre le commandement opérationnel sur ces forces en cas de crise. « À travers le CPP, la France réaffirme son statut de nation du Pacifique, actrice sécuritaire à part entière et concrètement engagée au profit de la stabilité régionale », écrit ainsi l’armée à propos de ce CPP.
Charlie René pour Radio 1 Tahiti

