Sofia, l’observatoire volant de la NASA, a atterri en Polynésie

Le Boeing 747 SP Sofia sur le tarmac de Tahiti-Faa'a, ce lundi 19 juillet ©Christopher Liau / PYF Spotters

Sofia, l’observatoire volant de la NASA, a atterri en Polynésie

Le Boeing 747 Sofia a atterri ce lundi après-midi à l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Accompagné par 160 membres d’équipage, techniciens et chercheurs de la Nasa et de l’agence spatiale allemande, il va enchaîner les vols d’observation du cosmos depuis la Polynésie pendant presque deux mois. Pour les autorités, l’objectif est de pérenniser la présence de cette mission dans cette Collectivité d’Outre-mer. Reportage de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Il pèse 250 milliards de francs, et il vient d’atterrir sur la piste de Tahiti-Faa’a et il s’appelle Sofia. L’acronyme de Stratospheric Observatory for Infrared Astronomy ou, en français Observatoire stratosphérique pour l’astronomie infrarouge. Ce Boeing 747 a été modifié pour accueillir à son bord un puissant télescope – 17 tonnes et une lentille de 2,7 mètres de diamètre – et des équipements de pointe, assemblés pour pouvoir faire des observations en vol de différentes parties du cosmos. 

Le projet, piloté conjointement par la Nasa et le centre de recherche DLR, équivalent allemand du CNES, vole habituellement en Californie, dans le Nord de l’Europe, ou, à cette époque de l’année, en Nouvelle-Zélande. Mais les frontières kiwi sont toujours fermées. « Le Covid nous l’a envoyé », sourit Christopher Kozely, agent consulaire américain, venu, comme le président Édouard Fritch et le ministre des Finances et de l’Économie Yvonnick Raffin, accueillir l’avion et son équipage à Faa’a en début d’après-midi.

Le ministre des Finances, en charge de l'économie, Yvonnick Raffin, s'est rendu, lundi après-midi, à l’aéroport de Tahiti, pour accueillir la mission SOFIA (Stratospheric Observatory for Infrared Astronomy) de la NASA, en présence de l’agent consulaire des Etats-Unis, Christopher Kozely, et du directeur des douanes, Jean-François Tanneau ©Présidence de la Polynésie 

Car la mission Sofia, ça n’est pas qu’un avion : au total, 160 techniciens, mécaniciens, ingénieurs et bien sûr chercheurs arrivent – ou se sont déjà installés – à Tahiti le temps de la mission. Jusqu’au 12 septembre, le 747 effectuera des vols de nuit de 9 à 10 heures, pour prendre les meilleurs clichés en très haute altitude depuis l’hémisphère Sud. « Ils sont chargés de faire toutes les mesures et les mises en place pour que l’avion soit dans une position idéale, à une longitude, une latitude et une heure données, pour pouvoir prendre la bonne prise de vue infrarouge de l’Univers », reprend l’agent consulaire. 

Opération séduction

Si les membres d’équipage – des civils – répondaient poliment aux questions, ce lundi après-midi à l’aéroport, la mission attend d’être entièrement installée pour communiquer officiellement. « En tout cas on est très content d’être en Polynésie », sourit un membre de l’équipe, logo de la Nasa sur la combinaison et couronne de fleurs autour du cou. L’accueil a été chaleureux, par tradition, mais aussi par instruction : au Pays on veut tout faire pour « faciliter la vie » de cette mission a priori exceptionnelle.

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Et ainsi faire en sorte qu’elle ne le soit plus : « On va avoir des répercussions au niveau des hôtels, des prestations de service, puisque la Nasa a obligation d’aller autant que possible vers les prestataires locaux, dans les restaurants », explique Christopher Kozely. « Notre mission, c’est de faire perdurer cette visite, de faire en sorte qu’ils n’aient plus besoin d’aller en Nouvelle-Zélande et qu’ils reviennent ici ».

Charlie René pour Radio 1 Tahiti