Réforme constitutionnelle en Nouvelle-Calédonie : Sébastien Lecornu juge « impensable » que le texte « soit rejeté sans examen »

Réforme constitutionnelle en Nouvelle-Calédonie : Sébastien Lecornu juge « impensable » que le texte « soit rejeté sans examen »

Le Premier ministre a reçu la délégation indépendantiste de l’UNI ainsi que le député loyaliste Nicolas Metzdorf (Renaissance) à quelques heures de l’examen du projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie, qui risque d’être rejeté avant l’ouverture des débats, ce mercredi à l’Assemblée nationale.

« Il serait impensable que ce texte soit rejeté sans examen, sans aucun débat préalable, sans aucune discussion de fond. Pour la démocratie, pour les Calédoniens et pour l'intérêt général : le débat doit être ouvert » a déclaré le chef du gouvernement, accompagné par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, à l’issue de cet entretien avec une partie des signataires des accords de Bougival et Élysée-Oudinot.

Le projet de loi constitutionnelle qui découle de cet accord risque d’être rejeté avant son examen à l’Assemblée nationale, prévu ce mercredi après-midi. Le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou (GDR, FLNKS) a déposé une motion de rejet préalable qui devrait être adoptée par l’ensemble de la gauche. Le RN a aussi annoncé voter en faveur de cette motion. Une partie des députés Liot et UDR devraient se joindre au vote.

« Une motion de rejet préalable à tout débat serait une forme de « motion de mépris » pour les signataires de cet accord, et ce quelles que soient leurs convictions : indépendantistes ou non-indépendantistes », a ajouté le Premier ministre. « N'oublions jamais que le chemin en Nouvelle-Calédonie passe par le dialogue entre les acteurs, cela doit aussi se refléter dans l'hémicycle ».

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Le texte serait alors renvoyé au Sénat et amendé, avant un retour à l’Assemblée nationale. Entre-temps, Paris pourrait organiser la consultation citoyenne prévue par l’accord. « Si l’assemblée rejette le PJLC Bougival, le gouvernement de Sébastien Lecornu aura deux options : une consultation des calédoniens dans la foulée » ou « un dégel du corps électoral pour les élections provinciales ».

« Si les Gouvernements changent, la continuité de l’État impose plus que tout le respect de la parole donnée ; et son devoir d’impartialité lui impose en conséquence de présenter cet accord au Parlement » insiste encore Sébastien Lecornu qui assure que « la porte du gouvernement demeure ouverte pour l'ensemble des acteurs qui le souhaitent et le demandent ».

 Avec AFP