L'ex-député Tematai Le Gayic a officialisé la rupture de 15 élus avec le groupe indépendantiste Tavini Huiraatira à l'Assemblée de la Polynésie française, et annoncé la création d'un nouveau parti, lors d'un point presse mercredi à Papeete.
Jeudi dernier, les élus dissidents avaient déjà annoncé leur démission du parti indépendantiste, qui détenait jusqu'alors une majorité confortable de 36 élus à l'Assemblée locale, constituée au total de 57 représentants.
Avec leur départ et la constitution d'un nouveau groupe, nommé A Fano Ti'a (Gardons le cap, en tahitien), le gouvernement ne détient plus la majorité absolue. Les élus démissionnaires, à tendance modérée, sont proches du président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, élu en 2023. Leur groupe devient le 3ème à l'Assemblée territoriale derrière le Tavini (22 élus) et le groupe autonomiste Tapura (15 élus).
Ils reprochent à leur ancien parti, le Tavini, sa « radicalité, sa rigidité, son extrémisme », pointe Tematai Le Gayic, qui préside à 25 ans ce nouveau groupe politique. Eux plaident « l’apaisement », la « clarification » demandée « depuis des mois et que n’a jamais voulu faire » le groupe Tavini, et la « stabilité », selon des propos relayés par Radio 1 Tahiti lors d'une conférence de presse du nouveau groupe et parti..
Le jeune ex-député avait entériné la scission en démissionnant du Tavini au lendemain des municipales. Candidat à Papeete, il n'avait pas été soutenu par le parti et avait perdu au second tour tout en devançant largement le candidat officiel du Tavini. Il fait partie des dissidents, tout comme l'autre ex-député Steve Chailloux, mais aussi des figures du parti comme Thilda Harehoe ou Pauline Niva.
La ligne dure du Tavini est incarnée par son président-fondateur Oscar Temaru (81 ans) et par son vice-président Antony Géros, également président de l'Assemblée de la Polynésie française. Ils souhaitent une souveraineté rapide, tandis que le président polynésien appelle se donner le temps de la préparer.
Les élus démissionnaires leur reprochent aussi des prises de position controversées : le parti s'est ainsi rapproché de l'Azerbaïdjan, connu pour déstabiliser les collectivités françaises d'outre-mer. Oscar Temaru a aussi milité pour l'exploitation des ressources minières sous-marines alors que Moetai Brotherson y est opposé pour des raisons écologiques.
Oscar Temaru en outre suggéré que l'indépendance pourrait passer par d'autres voies que par un référendum. « Pour nous, c'est une ligne rouge », a déclaré Steve Chailloux, tout en prévenant qu' « une déclaration unilatérale d'indépendance conduirait à la violence ».
Les élus du groupe A Fano Ti'a ont annoncé que Moetai Brotherson lirait jeudi, lors d'une séance à l'Assemblée, un « manifeste », qui constituera la base d'un nouveau mouvement politique. Ces élus dissidents disent aussi s'opposer à un renversement du gouvernement mené par Moetai Brotherson, et assurent voter les budgets, collectifs et loi fiscales présentés par ce dernier.
« On veut apporter une parole plus posée, plus apaisée (…) Notre objectif, c’est d’apporter des solutions (…) On veut être force de propositions », a précisé Tematai Le Gayic, en citant les questions de logement, d’emploi, de cherté de la vie ou encore de santé. Le Tavini d'Oscar Temaru n'avait pas réagi mercredi.
Avec AFP, Radio 1 Tahiti et TNTV





















