Conférence annuelle, salon du tourisme début février, séminaire des comités locaux… Tahiti Tourisme entame une importante série de rencontres, avec le public et les professionnels, en ce début d’année. Son point d’orgue : le ParauParau Tahiti des 19 et 20 février où près d’un millier de rendez-vous sont déjà programmés entre les tour-opérateurs d’Amérique du Nord et du Pacifique et les acteurs de la filière locale. Un travail nécessaire pour la directrice générale du GIE Vaihere Lissant. Car après une année 2025 qui devrait encore battre un record de fréquentation, les niveaux de réservation sont en retrait, notamment pour la basse saison. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
C’est un marathon traditionnel du début d’année pour Tahiti Tourisme qui organise plusieurs évènements ces prochaines semaines pour multiplier les rencontres. Avec les professionnels polynésiens et quelques experts invités, le 27 janvier, pour la conférence annuelle du GIE, avec le public les 6 et 8 février pour le Salon du tourisme, toujours logé à Mamao, peut-être pour la dernière année.
Ou avec les comités locaux du tourismes, venus des 5 archipels et pour beaucoup à l’occasion du salon, qui se réuniront dans la foulée les 10 et 11 février. Mais le temps fort de ce début d’année pour l’organisme de promotion de la destination, ce sera bien le ParauParau Tahiti (PPT) qui fera son retour dans un nouveau format.
Fini les rendez-vous biennaux, les PPT, au cours desquels des dizaines de tours opérateurs sont invités depuis l’étranger à venir rencontrer les hôteliers, transporteurs et prestataires locaux, auront désormais lieux tous les ans, avec un découpage géographique. Cette année, le ParauParau se concentrera ainsi, comme l’a expliqué la directrice du GIE Vaihere Lissant sur le plateau de l’invité de la rédaction, sur les marchés les plus proches : l’Amérique du Nord et le Pacifique. En 2027, ce sera au tour des marchés « long-courriers » d’être mis à l’honneur : Europe et Asie se croiseront à Papeete.
L’Australie : marché dynamique et courtisé
Une façon pour Tahiti Tourisme de développer au mieux sa stratégie de promotion. Et notamment son objectif de diversification des marchés émetteurs. Dans un contexte de tensions mondiales, particulièrement autour des États-Unis qui reste, avec un tiers des arrivées de touristes, un pilier de la filière en Polynésie, il s’agit, comme l’a plusieurs fois répété la nouvelle directrice générale Vaihere Lissant de ne pas « mettre tous ses œufs dans le même panier ».
Parmi la quarantaine de tour-opérateurs qui seront présents au PPT -pour « environ un millier » de rendez-vous déjà programmés-, il y aura bien sûr des acteurs « incontournables » du marché américains, mais aussi de nouveaux acteurs prêts à développer des packages sur la Polynésie. Certains sont originaires d’Australie, marchés très dynamique et très courtisé qui devrait être au centre des attentions avec l’ouverture potentielle de la ligne Air Tahiti Nui vers Sydney à la fin de l’année. Une ligne qui devait être définitivement validée lors d’un conseil d’administration de la compagnie ce jeudi, et qui attendra finalement début février pour être confirmée.
Près de 280 000 touristes en 2025, mais des inquiétudes sur les réservations
En attendant, Vaihere Lissant, sur le plateau de l’Invité de la rédaction ce jeudi midi, est venue rappeler que la filière se portait bien. Les inquiétudes géopolitiques, et la baisse observée dans les niveaux de réservations -probablement liée, justement aux tensions mondiales, et à une tendance au « booking » tardif- ne doivent pas faire oublier que la Polynésie va, selon toute vraisemblance, battre pour la troisième année consécutive son record de fréquentation en 2025.
Les chiffres « devraient s’approcher des 280 000 touristes », contre 263 000 l’année dernière, note la responsable. Pas question de se reposer sur les lauriers : « l’idée c’est de rester prudent, rester agile, et puis on a mis des actions en plus, des campagnes de vente… L’idée c’est d’aider à remplir la basse saison. Et on la remplit aussi avec le Salon du Tourisme, début février, pour les résidents, qui est un marché aussi très important pour nous ».
« Segments » géographiques et thématiques
Là n’est pas la seule action lancée pour s’assurer de relais de croissance. Via Tokyo, Auckland ou, plus tard, l’Australie, Tahiti Tourisme veut toucher davantage la clientèle asiatique, toujours intéressée par la Polynésie, comme le prouve le charter organisé en février depuis Shanghai par Air Tahiti Nui avec un croisiériste. Le GIE s’est aussi doté d’une cellule de prospection, qui étudie des « segments » encore pas assez valorisés du marché.
Segments géographiques en premier lieu, avec un travail, par exemple, sur le tourisme Taiwanais, vivace malgré les tensions avec la Chine, ou sur la relance de la promotion au Bénélux, côté Européen. Des segments thématiques sont aussi explorés : les dernières campagnes développées par Tahiti Tourisme, qui observe en permanence le positionnement des concurrents internationaux de la destination pour ne pas se laisser dépasser, met l’accent sur le tourisme d’aventure. Randonnées, sports nautiques…
« L’idée c’est de montrer que la Polynésie n’est pas une destination passive, faites que de plages et de farniente, mais offre de nombreuses activités », explique le directeur des opérations internationales Hironui Johnson, directeur des opérations internationales. Comme le précise Vaihere Lissant, un travail est aussi en cours sur la structuration du tourisme dans les archipels pour encourager la mobilité des voyageurs dans davantage d’îles. Une condition sine qua non à la réalisation des objectifs ambitieux fixés par le gouvernement, qui veut atteindre, d’ici 10 ans, 600 000 touristes ou l’équivalent en recettes.
Charlie René pour Radio 1 Tahiti























