Au lendemain de la déclaration de politique générale prononcée lundi 24 août 2026 devant le Congrès par le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Milakulo Tukumuli, le Medef-NC salue les orientations annoncées, tout en appelant l’exécutif à passer rapidement des intentions aux décisions concrètes.
Le président du gouvernement a présenté une feuille de route sur les six prochains mois. Pour le Medef-NC, le diagnostic posé et la priorité donnée à la relance économique constituent des signaux encourageants, notamment l’engagement de ne pas faire peser l’essentiel des efforts sur les entreprises et les travailleurs indépendants.
L’organisation patronale estime toutefois que ces orientations doivent désormais être « rapidement précisées, chiffrées et traduites en décisions concrètes ».
Une économie toujours extrêmement fragile
Le Medef-NC partage le constat d’une situation économique particulièrement dégradée. L’organisation appelle toutefois à la prudence face à la reprise de certains indicateurs, notamment la consommation et les ventes de véhicules.
« Si l'hémorragie des destructions d'emplois s'interrompt, les embauches ne redémarrent pas », souligne le Medef-NC, qui considère que la Nouvelle-Calédonie « quitte tout juste le stade des urgences vitales pour entrer dans une phase de convalescence encore extrêmement fragile ».
La chute de l’investissement, la forte contraction du crédit et la disparition d’un salarié du secteur privé sur six en deux ans continuent ainsi de peser lourdement sur l’économie. Le Medef-NC renvoie notamment aux résultats de son enquête menée auprès de 776 entreprises calédoniennes, à l’origine de sa décision de décréter un « état d’urgence économique ».
L’organisation patronale salue également le diagnostic posé par l’exécutif concernant les déséquilibres du régime de retraite, du RUAMM et des finances publiques. « Le choix du courage et de ne plus différer les réformes nécessaires constitue un signal de responsabilité », estime-t-elle.
Fiscalité, dépenses publiques et diversification
Plusieurs engagements du gouvernement correspondent aux demandes formulées ces dernières semaines par le Medef-NC. L’organisation cite notamment la volonté de procéder à une revue générale des dépenses du gouvernement et de ses établissements publics, de préserver les entreprises et les travailleurs indépendants fragilisés par la crise et de construire une fiscalité « plus attractive, plus cohérente et plus lisible ».
Pour le Medef-NC, le principe selon lequel le rétablissement des comptes publics ne doit pas « achever les entreprises » est essentiel. L’organisation demande que toute évolution fiscale ou sociale soit évaluée en fonction de ses conséquences sur l’emploi, l’investissement, la trésorerie et la confiance.
Le soutien au secteur du nickel et la volonté de diversifier l’économie vers le tourisme, l’agriculture, le numérique et l’économie bleue sont également accueillis favorablement. Mais ces orientations devront, selon le Medef-NC, être accompagnées de feuilles de route opérationnelles, d’un calendrier précis et de conditions permettant de soutenir l’investissement privé.
Le patronat partage par ailleurs la volonté de développer l’alternance et de mieux adapter les formations aux besoins des entreprises.
Le patronat attend désormais des actes
Si le Medef-NC considère que la déclaration de politique générale fixe une direction, il estime qu’elle comporte encore peu de mesures concrètes.
La revue des dépenses publiques devra ainsi, selon l’organisation, déboucher sur « des économies réelles, chiffrées et vérifiables ». Pour le Medef-NC, cette étape doit intervenir avant toute demande d’efforts supplémentaires aux entreprises et aux contribuables.
Même vigilance concernant la fiscalité. « La réforme de la fiscalité ne devra pas non plus se traduire par une augmentation dissimulée des prélèvements », prévient l’organisation, qui demande une étude d’impact préalable et une concertation avec les acteurs économiques pour chaque mesure.
Sur les retraites et le RUAMM, le Medef-NC refuse également que le financement des réformes repose principalement sur une hausse du coût du travail ou des cotisations des entreprises et des patentés. L’organisation souhaite que les solutions portent aussi sur les dépenses, l’efficience du système, sa gouvernance, la prévention et l’élargissement équitable de son financement.
Une concertation attendue en amont des décisions
Le gouvernement ayant annoncé sa volonté d’informer avant de décider et de rechercher des compromis avec les partenaires sociaux, le Medef-NC affirme qu’il prendra pleinement part à cette concertation.
L’organisation entend apporter « les données, l’expertise et les propositions issues de son réseau d’entreprises ». Elle demande toutefois que les échanges interviennent suffisamment en amont des décisions, reposent sur des données partagées et permettent des arbitrages rapides.« Elle ne pourra être une simple formalité, pas davantage qu’un motif pour différer les réformes », prévient le Medef-NC.
Au bilan, l’organisation patronale juge le discours du gouvernement « encourageant », mais maintient sa vigilance sur le calendrier, le financement et l’impact réel des mesures annoncées.

