Nouvelle-Calédonie : Dans une allocution, Sébastien Lecornu annonce des « consultations de projet » après les provinciales

Nouvelle-Calédonie : Dans une allocution, Sébastien Lecornu annonce des « consultations de projet » après les provinciales

Alors que le gouvernement a fixé les élections provinciales au 28 juin prochain, avec l’ajout des natifs et leurs conjoints au corps électoral, Sébastien Lecornu a annoncé, dans une allocution aux Calédoniens, l’organisation de « consultations de projet » au lendemain du scrutin, portant sur l’économie, le nickel, la lutte contre les inégalités, l’éducation ou encore la culture.

Après les élections provinciales, « viendra le temps du projet pour préparer l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Il débutera dès juillet et devra aboutir avant la fin de l’année » a annoncé le Premier ministre dans une allocution publiée sur les réseaux sociaux. « Je serai amené à venir sur place, ou à rencontrer les parties à Matignon dès juillet prochain » a-t-il ajouté, refusant de « laisser dériver le destin de la Nouvelle-Calédonie dans le tumulte d’une campagne présidentielle ».

L’État proposera donc des « projets » portants sur l’économie, la lutter contre les inégalités, l’industrie du nickel, les politiques de santé, l’éducation, la culture, la protection de l’environnement, le réchauffement climatique, la lutter contre les violences intrafamiliales, « et en particulier contre les femmes et les enfants » a énuméré Sébastien Lecornu.

« Les Calédoniennes et les Calédoniens seront consultés directement sur ces projets. Le débat démocratique aura lieu. Une ou plusieurs consultations de projet pourront être organisées et vous vous exprimerez. Le meilleur antidote à la violence, c’est la démocratie », a-t-il assuré.

Selon nos informations, l’inscription du préambule de l’accord de Nouméa dans la Constitution, proposée lors des dernières discussions entre l’État et les partenaires politiques calédoniens, pourrait faire partie des projets de consultations. Cette inscription aurait l’avantage de garantir, à la fois le processus de décolonisation de l’archipel, et le principe du corps électoral glissant, l’un cher aux indépendantistes, le second aux non-indépendantistes. Il s’agirait aussi, pour Paris, de sécuriser le processus calédonien à l’aube d’un nouveau quinquennat.

Un « ajustement » du corps électoral, pas un « dégel »

En attendant, le Premier ministre a aussi annoncé « saisir dès aujourd’hui le Parlement d’un texte organique qui permettra - s’il est voté - d’inclure les natifs, mais aussi d’ajouter les conjoints des électeurs dans le corps électoral provincial ». Ce texte devra être voté par les deux chambres avant le 31 mai, date de convocation des électeurs calédoniens pour le scrutin provincial.

« Dans le même temps, je souhaite que le Congrès de la Nouvelle-Calédonie puisse s’exprimer sur ce texte organique. Je vais donc le saisir, et les Présidents des Assemblées pourront le faire également s’ils le souhaitent », a-t-il aussi ajouté. Selon les chiffres donnés par l’État, « 37 492 citoyens français sont exclus de la liste électorale pour le scrutin provincial calédonien, dont 10 569 natifs, et parmi ces natifs, 4 145 citoyens de statut civil coutumier ».

Les natifs « seront inscrits d’office sur les listes électorales ». Les conjoints devront, quant à eux, faire une demande d’inscription, a précisé le chef de l’exécutif. « Certains jugeront que c’est un pas insuffisant. D’autres diront que c’est déjà trop. Mais le dégel n’est pas possible, il ne réunit pas de majorité au sein du Parlement. Le Gouvernement propose donc un ajustement », a-t-il aussi déclaré. « C’est un petit pas. Mais c’est le début d’un chemin ».

Quant à la tentation d’un statu quo à quelques mois de la présidentielle, Sébastien Lecornu souligne le « risque » d’un « faux mirage (…) du calme ou de la stabilité ». « Le statu quo ne donne plus de perspectives à personne (…), enferme » et « peut même être le ferment demain de la violence ». « Le statu quo condamne les aspirations des indépendantistes (…), la stabilité économique sur le Caillou (…) » et « condamne l’État à entretenir une situation juridique fragile et porteuse de risques », a insisté le Premier ministre.