Municipales 2026 - Polynésie : Tahuhu Maraeura élu président du Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple des Tuamotu-Gambier, après un conseil syndical électrique

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Municipales 2026 - Polynésie : Tahuhu Maraeura élu président du Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple des Tuamotu-Gambier, après un conseil syndical électrique

Le maire de Rangiroa a été élu ce vendredi matin président du Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple des Tuamotu-Gambier dans une ambiance tendue. Plusieurs représentants communaux dont le président sortant et maire de Tatakoto Ernest Teagai ont refusé de rejoindre la salle de réunion à Papeete en l’absence d’accord sur la vice-présidence de l’organisme. Le vote s’est finalement tenu sans eux, mais avec le quorum d’après Tahuhu Maraeura, élu avec 10 voix sur 17. Le nouveau président dit vouloir mettre de côté les « batailles de clans » pour faire avancer le SIVMTG, dont la gestion a été très critiquée ces dernières années. Détails avec notre partenaire Radio 1. 

Blocage de quelques heures, ce vendredi matin, dans l’immeuble du SIVMTG, sur l’avenue Prince Hinoi de Papeete. Les représentants des 17 communes adhérentes de ce Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple des Tuamotu-Gambier étaient convoqués pour élire un nouveau bureau et un nouveau président. La candidature du maire de Rangiroa Tahuhu Maraeura, qui avait réuni une nouvelle majorité autour de lui, semblait acceptée, mais un groupe de communes, réunis autour du président sortant Ernest Teagai a demandé un accord sur la vice-présidence du syndicat avant la tenue du conseil syndical. Le maire de Tatakoto, présent au siège du syndicat, n’a ainsi pas voulu descendre dans la salle du conseil avant d’obtenir des garanties sur ce point. Il était notamment soutenu par des représentants de Manihi, Napuka, et Ana’a. Tahuhu Maraeura, de son côté, dit avoir fait passer cette revendication de vice-présidence auprès de son groupe, qui l’a refusé. Ce qui a conduit le président sortant à demander le report du conseil syndical à une date ultérieure. Là aussi, refus d’une majorité des représentants. Après deux heures d’attente et une consultation en urgence des services de l’État sur la marche à suivre, la séance s’est tenue en présence de 9 maires ou délégués communaux, en plus d’une procuration signée. « Le quorum était atteint », précise le nouveau président du syndicat, élu par 10 voix et 7 abstentions. Il s’attend tout de même à des contestations du résultat.

Reste que les maires des Tuamotu – Gambier, y compris le président sortant Ernest Teagai, se sont retrouvés à l’heure du déjeuner. L’occasion pour Tahuhu Maraeura, qui se présente comme un président de syndicat « rassembleur », d’essayer de calmer les esprits. « Je leur ai dit que si on met notre population en avant, il ne devrait pas y avoir de clan, on travaille pour une population, pas pour nous même » explique-t-il, regrettant que des « égos », des « rancœurs » parfois anciennes, et des conflits de personnes, aient perturbé la bonne marche du syndicat.

Fondé en 1974, le SIVMTG rassemble 17 communes des Tuamotu et des Gambier. Censé apporter un soutien administratif, financier et technique aux collectivités, il est régulièrement critiqué pour sa gestion, par ses propres adhérents, mais aussi par la chambre territoriale des comptes. Les magistrats avait relevé, entre 2018 et 2023 des frais de mission abusifs, des projets mal conduits et du favoritisme dans l’action du syndicat, entre autres. Le nouveau président se dit toutefois optimiste sur la suite : « Il nous faut un bon outil pour aider au développement de nos îles, et avoir une représentation forte devant les autorités, dit-il. Il y a des discussions à avoir, mais on y arrivera ». Entre 2024 et fin 2025, deux communautés de communes ont été créés en plus de ce syndicat. Rangiroa, Fakarava et Arutua et les Tuamotu de l’Ouest se sont rassemblés au sein de la « comcom » Mihiroa-Havaiki et Gambier, Hao, Hikueru, Reao et Tureia ont constitué Hono Hau à l’Est.

Malgré ces divisions, le SIVMTG reste utile pour Tahuhu Maraeura, notamment pour accompagner les communes dans leurs projets en matière d’eau et d’énergie.

Par Radio 1