Alors que le cours du baril atteint des sommets et que les prix de l’essence et du gasoil ont explosé dans le reste du monde, le conseil des ministres de Polynésie française a voté ce mercredi pour le maintien des prix au 1er mai. Le gouvernement prévient toutefois depuis longtemps que les 3,5 milliards de Fcfp d’argent public injectés dans le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures ne permettrait pas de tenir au-delà du mois de juin. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Le ministre de l’Économie, du Budget et des Finances a présenté un projet d’arrêté fixant les prix des hydrocarbures au 1er mai 2026, indique le gouvernement dans un communiqué. Les prix restent ainsi stables, à 150 francs (1,26 euros) le litre d’essence ou de gazole pour les particuliers, et ce « afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages polynésiens et de soutenir l’activité économique ».
Malgré la hausse des cours du pétrole et la hausse des prix à la pompe partout dans le monde, la Polynésie française n’est pour l’heure, pas impacté par la hausse du carburant. Mais à quel prix : le Pays a injecté, au travers d’un collectif budgétaire voté fin mars, 3,5 milliards de Fcfp dans le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH), qui permet à la Collectivité de bloquer les prix en cas de hausse.
Le baril à 120 dollars
Mais cette intervention financière ne suffira pas très longtemps : le gouvernement de Moetai Brotherson a déjà averti que les prix à la pompe devraient augmenter en juin si les cours internationaux ne baissaient pas. Si le baril de pétrole se maintient à 100 dollars, le Pays pourrait « tenir facilement le semestre, même jusqu’à juillet », expliquait Warren Dexter.
Si le prix tendait néanmoins vers les 115 dollars, les réserves pourraient « fondre comme neige au soleil ». Or, le baril de brent a atteint 120 dollars ce mercredi, près de deux fois plus qu’en début d’année.
La Nouvelle-Calédonie de son côté vit déjà les conséquences de cette crise pétrolière depuis plusieurs semaines, même si, comme le rapporte notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes, le gouvernement calédonien avait annoncé son intention, fin mars, de lutter contre des « hausses trop brutales ».
Mais cette lutte, dans un contexte budgétaire beaucoup plus tendu que celui de la Polynésie, a des limites : l’exécutif calédonien a acté à compter du 1er mai, une hausse de plus 20% du prix du gasoil, à 195,3 francs par litre. Le carburant des véhicules diesel a bondi de 44,3% depuis le mois de février et le début de la crise au Moyen-Orient. Le prix de l’essence, reste en revanche stable entre avril et mai, après avoir augmenté de près de 16% au 1er avril pour atteindre 174,6 francs par litre.
Dans l’Hexagone, les prix moyens de l’essence et du gasoil sont de 250 et 260 francs par litre (entre 2,10 euros et 2,20 euros). Dans les DROM, ce sont les préfets qui fixent les coûts qui, pour l’heure, restent contenus sous la barre des 2 euros. Dans ces territoires, une nouvelle hausse est toutefois attendue ce 1er mai.
Alexandra Perrini pour Radio 1 Tahiti





















