Classé en danger critique d’extinction, le Méliphage noir n’est désormais connu que dans le sud de la Grande Terre. La province Sud prépare un plan de conservation pour la période 2026-2036, destiné à mieux suivre cet oiseau endémique et à protéger ses sites de reproduction.Détails avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Difficile à observer, le Méliphage noir est par conséquent aussi difficile à compter. L’oiseau, qui se nourrit principalement de nectar, évolue le plus souvent dans la canopée des forêts humides. La province Sud estime que le Parc provincial de la Rivière Bleue abrite entre 50 et 300 couples, l’une des dernières populations considérées comme viables.
Cette fourchette très large traduit les incertitudes qui entourent encore l’espèce. Une étude publiée en juin 2025 rappelle que son habitat de forêt humide a diminué d’environ 80 % sur la Grande Terre et que les espaces restants sont très fragmentés. Depuis 2011, sa présence n’est plus attestée que dans le Grand Sud, autour du parc de la Rivière Bleue.
Rats, cerfs et cochons dans le viseur
Pour tenter d’enrayer ce recul, la Direction du développement durable et des territoires a piloté l’élaboration d’un plan couvrant la période 2026-2036. La stratégie doit s’organiser autour de quatre priorités : améliorer les connaissances scientifiques, réduire les menaces, suivre l’évolution des populations et coordonner les différents partenaires.
Le volet le plus concret concerne les espèces introduites. Les rats noirs s’attaquent aux nids. Au Parc provincial de la Rivière Bleue, une caméra infrarouge a ainsi enregistré de nuit l’attaque d’une femelle qui couvait son œuf. Cette observation a été décrite en 2022 dans la revue scientifique Australian Field Ornithology. Selon la province, de premières opérations de lutte menées autour des nids ont déjà permis d’augmenter les chances de survie des oisillons.
Les cerfs et les cochons sauvages sont également ciblés en raison des dégâts qu’ils causent à la forêt humide. La collectivité veut donc agir à la fois sur les prédateurs et sur la dégradation de l’habitat.
Le plan prévoit également de recourir à la télémétrie – l’installation de petits émetteurs permettant de suivre les déplacements des oiseaux – ainsi qu’à des analyses génétiques. L’objectif est de mieux connaître les liens entre les différentes populations et leur diversité. La province Sud doit réunir, lundi 24 août au parc de la Rivière Bleue, les collectivités, les scientifiques, les associations et les spécialistes concernés afin de déterminer les premières actions à engager.
Par Les Nouvelles Calédoniennes

