ÉCOUTEZ OUTREMERS 360 RADIO

Outremers 360°
Toute l'actualité des Outre-mer à 360°
11ème Conférence nature en Nouvelle-Calédonie : le Pacifique en quête d’une « stratégie commune » face au dérèglement climatique
©Baptiste Gouret / LNC

La Nouvelle-Calédonie va accueillir, du 7 au 11 septembre, environ 400 représentants des pays de la région dans le cadre de la 11e conférence sur la conservation de la nature et des aires protégées. Le rendez-vous doit permettre aux territoires du Pacifique, particulièrement exposés aux conséquences du dérèglement climatique, de se mettre d’accord sur des solutions partagées et les défendre d’une seule voix auprès des instances internationales. Explications de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

Érosion côtière, disparition de la biodiversité marine, blanchiment des coraux… En Nouvelle-Calédonie comme dans l’ensemble du Pacifique, « le changement climatique n’a rien de théorique, on le vit chaque jour », constate Johanito Wamytan, évoquant les « premiers réfugiés climatiques » de Ponérihouen et d’Ouvéa. 

Pas question pour autant de simplement « se lamenter de la situation ». « Le Pacifique ne doit pas être qu’un espace vulnérable, il faut aussi qu’il soit reconnu comme une région de solutions, de connaissances et d’innovations », estime le membre du gouvernement en charge de la recherche et du climat.

Ce sera tout l’enjeu de la 11e conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature et des aires protégées, présentée ce jeudi 20 août à la presse. Pays hôte pour la seconde fois, après une édition 2020 organisée dans un contexte de pandémie mondiale, la Nouvelle-Calédonie accueillera du 7 au 11 septembre 400 représentants, issus de vingt pays et territoires de la région, avec une intention claire : « définir nos priorités » et « construire des positions communes » à l’échelle du Pacifique. 

Pour les modestes nations de la région, dont la parole peine à percer parmi les grandes puissances mondiales, cette entente vise avant tout à « faire entendre notre voix » auprès des instances internationales, indique Johanito Wamytan.

La Nouvelle-Calédonie, un « espace pilote » pour le climat

Deux rendez-vous importants sont dans le viseur des organisateurs : la 17e Conférence des parties de la Convention sur la biodiversité biologique, du 19 au 30 octobre à Erevan (Arménie) et la COP31, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie. 

La Nouvelle-Calédonie compte peser dans les discussions, en s’appuyant sur la conférence nature, mais aussi sur la « pré-COP organisée à Fidji » par l’Australie, qui pourrait devenir « notre porte-voix ». « Nouméa marquera, avec la conférence nature, la position du Pacifique sur les questions de changement climatique et de protection de la biodiversité », ambitionne le membre du gouvernement, qui veut faire du Caillou un « espace pilote pour la connaissance, la protection et l’expérimentation scientifique ».

Outre les instituts et organismes présents sur le territoire, la Nouvelle-Calédonie peut compter sur « un espace maritime exceptionnel » et la richesse de sa biodiversité. Mais l’exécutif entend également s’appuyer sur les savoirs ancestraux. Car si les territoires de la région veulent se faire entendre, c’est aussi pour imposer des solutions qui leur ressemblent. 

« On a besoin de croiser les connaissances scientifiques et nos savoir-faire traditionnels pour mieux avancer dans la préservation de notre nature », considère Ludovic Boula, président du Sénat coutumier, associé à l’organisation de la conférence nature. « L’idée n’est pas d’opposer ces connaissances, mais justement de leur trouver une complémentarité », abonde Johanito Wamytan.

S’inspirer des autres territoires

La Nouvelle-Calédonie pourrait aussi profiter des constats dressés par d’autres pays confrontés à « des situations plus dramatiques que nous », notamment en ce qui concerne la montée des eaux, et s’inspirer de leurs tentatives d’adaptation. « On veut comprendre comment ils anticipent l’impact sur leur alimentation, leur mode de vie… », avant de partir en quête de fonds pour financer « des moyens de lutte » appropriés.

De Nouméa à Hienghène en passant par Bourail, une dizaine d’ateliers, de conférences et de visites sont programmés du 7 au 11 septembre. Au terme de l’évènement, un nouveau « cadre régional 2026-2030 » pour la protection de la nature sera élaboré. Une déclaration de politique sera également adoptée et consacrera une « vision commune » de lutte contre le dérèglement climatique dans le Pacifique.

La 11e conférence nature est organisée conjointement par le Programme régional océanien de l’environnement (PROE), la Table ronde du Pacifique (PIRT) et la Nouvelle-Calédonie.

Baptiste Gouret pour Les Nouvelles Calédoniennes