Municipales 2026 : À Mayotte, trois maires, dont celui de Mamoudzou, élus au premier tour, participation parmi les plus élevées de France

Municipales 2026 : À Mayotte, trois maires, dont celui de Mamoudzou, élus au premier tour, participation parmi les plus élevées de France

Le premier tour des élections municipales à Mayotte livre déjà plusieurs enseignements majeurs. À Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaila est réélu dès le premier tour avec plus de 60 % des voix. Dans plusieurs communes, les maires sortants confirment leur ancrage, tandis que de nombreuses triangulaires et quadrangulaires se dessinent pour le second tour. Détails de notre partenaire France Mayotte Matin.

La surprise de ce scrutin municipal à Mayotte vient sans conteste de Mamoudzou. Ambdilwahedou Soumaila y est réélu dès le premier tour avec plus de 60 % des suffrages, une victoire nette qui le place très loin devant son principal adversaire, Ahamada Haribou, dont la liste recueille un peu plus de 21% des voix. Les autres candidats restent très largement distancés. La victoire est donc sans appel dans le chef-lieu mahorais.

Pour être élu dès le premier tour, il fallait non seulement franchir la barre des 50 % des suffrages exprimés, mais également obtenir un nombre de voix représentant au moins 25% des électeurs inscrits. Dans d’autres communes, les maires sortants confirment également leur implantation. À Mtsangamouji, Maanrifa Ibrahima remporte le scrutin avec 58,47 % des voix et décroche ainsi un troisième mandat. À Chiconi, Mohamadi Madi Ousseni est lui aussi reconduit avec 55,9 % des suffrages.

Dans la majorité des autres communes du territoire, la bataille électorale est loin d’être terminée. Plusieurs triangulaires, voire quadrangulaires, devraient se tenir au second tour. Les listes qualifiées disposent désormais de quarante-huit heures pour négocier d’éventuelles alliances et déposer de nouvelles configurations électorales. Les premiers résultats montrent que les maires sortants arrivent en tête dans de nombreuses localités. Une tendance qui pourrait traduire une évolution des habitudes électorales des Mahorais et un certain recul du « dégagisme » souvent évoqué lors des scrutins récents.

À Bandrélé, Ali Moussa Ben manque de peu l’élection dès le premier tour. À Chirongui, Roukia Lahadji signe un retour remarqué en prenant la tête du scrutin. À Bouéni, Mirhane Ousseni arrive également en tête malgré l’attente du jugement du procès dit du « SIEAM », dans lequel il est mis en cause et pour lequel une peine d’inéligibilité pourrait être prononcée.

À Tsingoni, les deux listes arrivées en tête voient leurs chefs de file attendus au tribunal judiciaire au mois d’avril pour des faits de corruption. À Koungou, la condamnation de Saindou Assani Bamcolo a rebattu les cartes : le candidat qu’il soutenait termine deuxième à moins d’un point de Raos, crédité de 26,90 %. Les troisième et quatrième listes, menées par Ridjali Ayouba et Farda Rachid, pourraient désormais jouer les faiseurs de rois. Une nouvelle campagne commence donc immédiatement. Dans chaque commune, les protagonistes disposent de moins de quarante-huit heures pour négocier, conclure d’éventuels accords et redéposer leurs listes avant le second tour.

Une participation parmi les plus élevée de France

À Mayotte ce dimanche, la participation a commencé de manière plutôt timide. À la mi-journée, le taux de participation affichait environ huit points de moins qu’en 2020, une tendance comparable à celle observée dans l’hexagone. Mais au fil des heures, l’affluence s’est nettement renforcée dans les bureaux de vote. À 17 heures, le taux de participation atteignait 58,20 %, soit bien davantage que les 49,75 % enregistrés à la même heure lors des municipales de 2020.

Comme souvent lors des scrutins, les tensions sont apparues en fin de journée. Au bureau de vote n°37 de Mtsangamboua, de nombreux électeurs présents en fin d’après-midi n’avaient pas encore pu voter. Les gendarmes sont intervenus à plusieurs reprises pour ramener le calme. Malgré ces interventions, tous les électeurs de ce bureau n’ont finalement pas pu déposer leur bulletin dans l’urne.

Au terme de la journée, la participation finale s’établit autour de 70%, un niveau à comparer avec les 69,7% de 2020 et supérieur au taux national estimé à 56 %. Ce résultat confirme que les Mahorais restent mobilisés pour ce scrutin municipal. Une participation qui contraste toutefois avec le désintérêt plus marqué observé ailleurs en France pour ces élections locales. A noter que c’est en Corse que le taux de participation est le plus élevé avec plus 72% en Corse du Sud.

Anne-Constance Onghéna pour France Mayotte Matin