À deux semaines du premier tour des élections municipales, prévu les 15 et 22 mars prochains, le paysage politique mahorais s’annonce particulièrement animé. Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les listes officiellement déposées en préfecture : pas moins de 88 équipes briguent les suffrages des électeurs dans les 17 communes de Mayotte. Une multiplication des candidatures qui témoigne d’une forte mobilisation politique locale et d’enjeux majeurs pour l’avenir du territoire. Tour d’horizon commune par commune avec notre partenaire Mayotte Hebdo.
Ces élections municipales dépassent largement le simple renouvellement des conseils municipaux. Gestion de la croissance démographique, sécurité, logement, développement économique ou encore accès aux services publics : les défis sont immenses pour les futurs maires.
Avec 88 listes déposées, le scrutin 2026 confirme une tendance observée ces dernières années : la montée des candidatures indépendantes et des mouvements locaux, souvent construits autour de personnalités ancrées dans leur commune plutôt que sur des étiquettes partisanes nationales.
Le ministère de l’Intérieur précise toutefois que ces candidatures restent sous réserve de la délivrance des récépissés définitifs et d’éventuels recours administratifs.
Mamoudzou : sept prétendants pour la capitale
Dans le chef-lieu, la bataille électorale s’annonce particulièrement ouverte avec sept listes en compétition.
Le maire sortant Ambdilwahedou Soumaila, à la tête de la liste Encore plus proche de vous, devra faire face à plusieurs challengers : Soiyinri Mhoudhoir (Mouvement pour le développement de Mayotte), Christophe Soimihi Youssouffa (Mamoudzou mérite mieux), Munia Dinouraini (Résilience), Farianti M’Dallah (L’Espérance), Ahamada Haribou (Rassemblons-nous) et Nassurdine Said Ali (Mamoudzou Nouvel Élan).
Dans une commune confrontée à une urbanisation rapide et à des problématiques sécuritaires fortes, le scrutin pourrait être particulièrement disputé.
Koungou : six listes pour convaincre les électeurs
À Koungou, six équipes se disputent la mairie. M’Dallah Mahamoudou mène la liste Équipe pour l’avenir de Koungou, face notamment à Ayouba Ridjali (Nouveau souffle) et Amidou Dzanga Hamidou Salim (Ji La Comini Ya Koungou).
Farda Rachid (Ensemble construisons le Koungou de demain), Ibrahim Moussa Mroivili (Le renouveau de Koungou) et Saïd Raos Ahamadi (Le bonheur simple) complètent cette offre politique variée.
Pamandzi : la commune la plus convoitée
Avec onze listes déposées, Pamandzi détient le record du nombre de candidatures. Une fragmentation qui annonce une campagne intense.
Parmi les candidats figurent Soufou Nizar (Djama La famille), Labyade Mahaladi (Sibabou Ya Pamandze), Abassi Archadi (Pamandzi Soyons Unis), Dayane Nourdine (Pamandzi Oye), El-Anzize Hamidou (Pamandzi en Grand) ou encore Wilfried Hassani (Pourquoi pas nous).
Issoufi Maandhui, Arbabiddini Chanfi, Siti Ali M’Dahoma, Myriam Maiob et Issa Ahamada complètent cette longue liste de prétendants.
Dembeni et Acoua : la jeunesse politique en mouvement
À Dembeni, cinq listes sont engagées, dont celles d’Abdourahamane Batrolo (Agir pour la commune de Dembeni) et Ibrahim Kamal (Dembeni Debout).
Même configuration à Acoua avec cinq listes également, parmi lesquelles Issouffi Matoiri (Union Acoua Dreka Mtsangadoua), Toiher-Eddine Saandani (Jeunesse Éducation Sécurité et Développement Avec Vous) ou Ahmed Darouech (Nouvelle Impulsion Active Pour La Commune).
Bandraboua et Bandrélé : des campagnes structurées
À Bandraboua, cinq listes sont en lice. Issoufi Hadj Mhoko porte Bandraboua Ya Leo, tandis que Saindou Aboutoihi défend Nouvel Élan pour Bandraboua. Soidri Ben Abdou, Alifani Mahavita et Abdou-Lihariti Antoissi complètent la compétition.
À Bandrélé, trois candidats seulement s’affrontent : Ali Moussa Moussa Ben (S’unir pour construire notre commune), Daniel Rama (S’unir pour réussir) et Wirdani Djae (Mouvement pour le progrès de la commune de Bandrélé).
Bouéni, Chiconi et Chirongui : le sud en pleine compétition
Bouéni compte cinq listes, menées notamment par Madi Djidji Sidi (Mouvement pour l’émergence du Sud Soroda) et Ousseni Mirhane (Bouéni de demain).
À Chiconi, trois listes se disputent les suffrages avec Bibi Hadidja Madi-Assani (Construisons autrement), Rifay Boina (Notre priorité c’est vous) et Mohamadi Madi Ousseni (Agir ensemble).
Chirongui affiche quant à elle cinq candidatures dont celles de Bihaki Daouda (Maesha), Adrachi Velou (Oui à la nouvelle ère) et Hanima Ibrahima (Nya Moja de Chirongui).
Dzaoudzi et Kani-Kéli : des enjeux stratégiques
À Dzaoudzi-Labattoir, quatre listes sont enregistrées : Freddy Novou (Un souffle nouveau), Mikidache Houmadi (Ensemble pour Dzaoudzi-Labattoir), Darmi Salim (Wakazi Oi Labattoir) et Saïd Omar Oili (Nouvel Élan pour Mayotte).
À Kani-Kéli, sept équipes entrent dans la course. Said Aboudou (Dzeri Areki), Abdou Rachadi (Mouvement pour le développement de Kani-Kéli) ou encore Faina Ousseni (Mama M’lezi Alouha) tenteront de convaincre les électeurs.
Le Nord très disputé : Mtsamboro et M’Tsangamouji
Mtsamboro présente six listes dont celles d’Amina Oili Attoumani M’Colo (Mtsamboro Yatru) et Abdou Hamidou (Wusukani Wa Kiblani).
À M’Tsangamouji, trois équipes sont en lice : Allaoui Zoubert (Alliance solidaire), Ousmane Ahamada Siaka (MDM-Tifaki) et Saïd Maanrifa Ibrahima (Ensemble plus loin encore).
Ouangani, Sada et Tsingoni complètent le tableau
Ouangani compte quatre listes, parmi lesquelles Issoufi Madi (L’avenir c’est aujourd’hui) et Youssouf Ambdi (Mouvement pour le développement de Mayotte).
Même nombre de candidatures à Sada avec Abdel-Lattuf Ibrahim (La Force commune), Houssamoudine Abdallah (Unis pour construire Sada-Mangajou), Djamalidine Djabiri (Alliance du développement et de la sécurité) et Chaharmane Houlame (Osons demain).
Enfin, à Tsingoni, cinq listes s’opposent, dont Antoine Abdallah (Bâtir une commune forte) et Hamada Issilamou (Ensemble pour une dynamique d’avenir).
Une campagne sous haute tension
Avec un nombre élevé de candidatures dans plusieurs communes, les municipales 2026 pourraient réserver des seconds tours serrés et des alliances inattendues. Dans un département confronté à des défis structurels majeurs, les électeurs devront arbitrer entre continuité et renouvellement.
Les prochaines semaines de campagne seront donc décisives pour convaincre une population attentive aux réponses concrètes sur le quotidien, la sécurité et le développement économique.
Rendez-vous les 15 et 22 mars pour connaître le verdict des urnes.
Soidiki Mohamed El Mounir pour Mayotte Hebdo





















