Face aux tensions persistantes sur l’accès à l’eau, un arrêté préfectoral vient encadrer et sécuriser l’exploitation de nouveaux forages à Mayotte. Objectif affiché : garantir une eau potable conforme aux normes sanitaires, tout en protégeant durablement la ressource dans un contexte de pression croissante. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
La sécurisation de l’approvisionnement en eau potable à Mayotte franchit une nouvelle étape. Publié le 24 avril 2026, le recueil des actes administratifs détaille plusieurs arrêtés encadrant l’exploitation de forages stratégiques à Mirereni. Au cœur de ces décisions, la volonté des autorités de répondre à une demande en eau toujours plus forte, tout en assurant la qualité sanitaire et la protection des ressources.
Parmi les mesures majeures, l’autorisation d’exploitation du captage de Miréréni 2, situé à Chirongui, marque un tournant. Ce forage peut désormais produire jusqu’à 50 m³ d’eau par heure, soit 335 000 m³ par an. L’eau extraite est destinée à la consommation humaine, après un traitement complet incluant aération, désinfection et ajustement du pH, conformément aux exigences du Code de la santé publique. Mais au-delà de la production, c’est la protection de la ressource qui constitue un enjeu central. L’arrêté instaure des périmètres de sécurité stricts autour du captage. Dans ces zones, de nombreuses activités sont interdites : utilisation de produits phytosanitaires, dépôts polluants, activités industrielles ou encore nouvelles constructions non encadrées. L’objectif est clair : prévenir toute contamination et garantir une eau de qualité sur le long terme.
Un second arrêté autorise également, de manière temporaire, l’exploitation du forage de Bouyouni Meresse 2 à Bandraboua. Cette décision vise à sécuriser l’approvisionnement dans un contexte d’urgence, avec une autorisation limitée à six mois renouvelable. Là encore, les autorités imposent un suivi sanitaire rigoureux et des contrôles réguliers.
Ces décisions illustrent la pression croissante qui pèse sur les infrastructures hydrauliques du territoire. Entre croissance démographique, épisodes de sécheresse et besoins accrus, la gestion de l’eau devient un défi majeur pour Mayotte. Les autorités misent sur une combinaison d’exploitation maîtrisée et de protection renforcée pour éviter toute rupture d’approvisionnement.
Reste que ces mesures techniques devront s’accompagner d’une gestion durable et d’investissements continus pour répondre aux attentes de la population, de plus en plus sensible aux questions d’accès à l’eau.
Par France-Mayotte Matin





















