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Lutte contre le narcotrafic à La Réunion : une charte signée par des acteurs de la communauté portuaire
©Préfet de La Réunion

Les saisies de drogues sont en hausse à La Réunion. Des chiffres qui justifient cette grande cause régionale 2026, la lutte contre les drogues et le narcotrafic. Avec un temps fort ce vendredi, la signature d’une charte d’engagement avec tous les acteurs de la filière portuaire. Un sujet de notre partenaire Antenne Réunion.

Une union pour lutter contre le narcotrafic. Alors qu’à La Réunion, le fret maritime est devenu une voie privilégiée des trafiquants, la charte de lutte contre le narcotrafic entend mieux protéger le secteur.

« On essaie de sensibiliser les salariés sur toute la partie narcotrafic, de communiquer avec eux sur l’importance que, s’ils voient des événements suspects, qu’ils les remontent au niveau de la direction pour qu’on puisse alerter tout ce qui est police, services des douanes. Ça passe vraiment, dans un premier temps, par la sensibilisation », nous dit Priscilla Damour, représentante de la société SOMACOM.

Pour limiter les complicités internes, la charte prévoit aussi des formations. Objectif : permettre à chaque professionnel de savoir comment réagir face à une situation suspecte. « C’est surtout beaucoup de mise en place de formations par rapport à cette lutte. Les chauffeurs habilités à rentrer sur le port auraient potentiellement un risque de se faire manipuler par un certain nombre de trafiquants, à l’intérieur comme à l’extérieur », ajoute Alexandre Rabusseau, président de TLF Réunion (Transports et Logistique de France Réunion).

Depuis le Covid, les saisies des douanes sont de plus en plus importantes et confirment la tendance. En juillet, plus d’une tonne de cocaïne a été interceptée en haute mer, au large de La Réunion. Fin 2025, plus de 50 kilos de cannabis et de MDMA avaient également été découverts dans du fret maritime. Depuis le début de l’année, les douanes ont saisi plus de 300 kilos de cannabis sur l’île, un chiffre en hausse depuis la crise sanitaire.

« On est à environ 60 kg de cocaïne sur 2026. Les cathinones sont en très forte augmentation. Elles n’existaient pas jusqu’en 2024 dans nos saisies. On est désormais à 46 kg d’ecstasy, la MDMA, qui reste un produit important dans nos saisies, avec environ 40 à 45 kg depuis le début de l’année, sachant que tous ces chiffres-là sont en forte augmentation par rapport à 2025 et que les chiffres de 2025 étaient aussi en augmentation par rapport aux années antérieures », explique Pierre Grignon, adjoint du directeur régional des douanes à La Réunion.

Le Grand Port Maritime est l’artère principale qui gère près de 98 % des importations et une grande partie des exportations de La Réunion. Il est donc impérativement un lieu à protéger. « Globalement, Port Réunion, c’est aujourd’hui moins de 400 000 conteneurs qui rentrent à La Réunion. On va renforcer nos dispositifs, le mode de fonctionnement et la manière dont on va pouvoir échanger, donner [les informations] aux services de l’État », explique Julien Dujardin, président du directoire du Grand Port Maritime de La Réunion.

En coordination avec l’État, un numéro vert et une adresse mail vont permettre de faire des signalements anonymes afin de protéger les employés. « Nous avons du retard d’une dizaine d’années. Nous sommes peut-être à un moment où, en ayant conscience de ce qui s’est passé en métropole et outre-mer, on peut essayer de bloquer le phénomène et de travailler ensemble pour éviter qu’il ne prenne l’ampleur qu’il connaît actuellement partout en France », souligne le préfet de La Réunion, Patrice Latron.

Situé au nord-ouest de l’île, le Grand Port Maritime occupe la première place des ports français d’outre-mer.

Antenne Réunion / L'Info.re