Cinq sites emblématiques ultramarins sélectionnés pour l’édition 2026 du Loto du Patrimoine

©Fondation du Patrimoine

Cinq sites emblématiques ultramarins sélectionnés pour l’édition 2026 du Loto du Patrimoine

Parmi les dix-huit sites emblématiques dévoilés par la mission Patrimoine confiée à Stéphane Bern soutenue par le ministère de la Culture et la Française des Jeux, figurent cinq sites ultramarins représentant les cinq régions d’Outre-mer. Ces derniers bénéficieront comme les autres sites d’une aide provenant des fonds récoltés dans le cadre de la 9ème édition du Loto du patrimoine qui débutera en septembre 2026. Le montant accordé à chaque site sera révélé ultérieurement.

Depuis 2018, le Loto du patrimoine porté par la mission Patrimoine déployée par la Fondation du Patrimoine et confiée à Stéphane Bern en partenariat avec le ministère de la Culture et la Française des Jeux, a permis de récolter plus de 210 millions d’euros et de soutenir la restauration de plus de 1050 sites. En 2025, le Loto du patrimoine a rapporté plus de 25 millions d’euros, battant le record des autres éditions. Aujourd’hui, 70% des projets sélectionnés sont d’ores et déjà achevés ou sur le point de l’être : 280 chantiers sont en cours et 500 terminés.

C’est dans ce contexte plutôt positif que les acteurs de ce dispositif ont dévoilé les dix-huit sites emblématiques, un par région, retenus pour bénéficier d’une aide provenant des fonds récoltés dans le cadre du Loto du patrimoine 2026 et apparaître sur les tickets de grattage et de tirage Mission patrimoine. Parmi ces dix-huit sites emblématiques, cinq sont issus des territoires ultramarins, dont voici les noms : 

  • Guadeloupe : Maison de l’historien Lacour à Basse-Terre

Demeure de l’historien guadeloupéen, Auguste Lacour, la maison est une bâtisse coloniale modeste similaire à une case créole. Elle menace aujourd’hui de tomber en ruine si des travaux ne sont pas amorcés dans un avenir proche. Le bâti est en effet très endommagé, l’exposant à des risques d’incendie. Dans le cadre de la Mission Patrimoine, les travaux viseront à réhabiliter entièrement la maison, mais aussi à restaurer la fontaine en pierre de taille et la grilles en fer forgé, ainsi que le potager qui fera l’objet d’une revalorisation. Un projet touristique ou un espace culturel permettant l’organisation d’évènements et d’ateliers à destination des scolaires et des habitants, y est envisagé après sa réhabilitation. Sa localisation au cœur de Basse-Terre lui permettra de participer à la redynamisation de la ville.

  • Guyane : Ancien Moulin de l’habitation Loyola à Remire-Montjoly

De cet ancien moulin à vent, témoin d’une ancienne sucrerie installée dans le domaine de l’habitation Loyola acquise par les jésuites, il ne reste que son tronc maçonné, dépourvu de tout mécanisme. Le site présente un état d’altération avancé, nécessitant une restauration intégrale. Restauré, il sera au cœur d’un projet de parc. La ville de Remire-Monjoly souhaitant mettre en valeur les anciens éléments de l’habitation et de l’usine sucrière en les présentant avec les dispositifs de médiation adaptés autour de l’histoire agricole de la Guyane. Le site archéologique de Loyola étant déjà ouvert au public.

  • Martinique : Eglise Notre-Dame-de-la Visitation au Gros-Morne

Construite en 1743, l’église Notre-Dame-de-la-Visitation est fermée au public depuis 2016 car ne répondant plus aux normes parasismiques depuis qu’elle a été fragilisée par le séisme de septembre 2009. La paroisse actuelle est le résultat d’une succession de structures détruites, puis reconstruites, au gré des aléas climatiques, sismiques et de l’évolution de la population. Autant donc dire que la réouverture de l’église est très attendue des fidèles. Porté par la commune, ce projet s’inscrit dans un processus de redynamisation du centre bourg, dont l’édifice est le point central. Il permettra de renforcer l’attractivité de la ville.

  • La Réunion : Ancienne usine de Beaufonds à Saint-Benoît

Construit entre la fin des années 1820 et le début des années 1830, ce site est passé d’usine sucrière à une distillerie. La distillerie Rivière du Mât a établi ses quartiers en 2012 dans le complexe datant du XIXème siècle, initialement destiné à l’exploitation du sucre. Cela en fait l’une des plus anciennes et des plus grandes distilleries réunionnaises encore en activité. 

Aujourd’hui, les vestiges de l’ancienne usine de Beaufonds situés à Saint-Benoît de La Réunion, représentent un pôle d’attractivité majeur. Entre 2024 et 2025, 10 000 personnes ont visité le domaine industriel et les vestiges de l’ancienne sucrerie. Le projet est de sauvegarder cet héritage bâti de l’histoire ouvrière réunionnaise en créant un musée consacré au patrimoine industriel et culturel de la distillerie.

  • Mayotte : Mosquée d’Antana-Bé à Chirongui

La mosquée située dans la baie de Bouéni, au sud-est de l’île a été endommagée par le cyclone Chido qui a ravagé Mayotte en décembre 2024. L’édifice, dont la toiture et la charpente ont été arrachées, a été exposé aux aléas climatiques locaux, pendant un an, avant que la DAC (direction des affaires culturelles) de Mayotte ne mène des opérations de sécurisation en décembre 2025. Il nécessite néanmoins d’autres travaux de restauration. Le soutien apporté par la Mission Bern permettra aux fidèles de fréquenter à nouveau ce lieu de culte et de préserver l’unique vestige historique encore en élévation du village d’Antana-Bé. 

E.B.