La filière mondiale du cocotier, portée par une demande croissante, se trouve aujourd’hui confrontée à plusieurs défis majeurs, parmi lesquels le vieillissement des plantations, les effets du changement climatique et la pression accrue des maladies. Dans ce contexte, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) annonce le lancement d’une feuille de route visant à accompagner la transition du secteur vers des modèles plus durables.
Le cocotier occupe une place importante dans de nombreux secteurs, de l’alimentation aux cosmétiques en passant par la construction. Les produits dérivés, eau de coco, huile vierge, sucre ou lait de coco, connaissent un intérêt croissant sur les marchés internationaux, notamment auprès de consommateurs sensibles aux questions de bien-être.
Malgré cette dynamique, les rendements agricoles progressent peu. En quarante ans, la production moyenne est passée de 3,7 à 5,6 tonnes de noix par hectare et par an, une évolution jugée insuffisante pour répondre à la demande mondiale.
Des plantations vieillissantes et vulnérables
Le secteur est également confronté à un vieillissement des cocoteraies et des exploitants. Dans certains pays producteurs majeurs, comme l’Indonésie, une part significative des plantations doit être renouvelée.
Le changement climatique accentue ces difficultés en modifiant les conditions de culture. Il favorise aussi la propagation de maladies, comme le jaunissement mortel, ainsi que de ravageurs tels que certains scarabées du genre Oryctes, qui endommagent particulièrement les jeunes plants. Les solutions de lutte restent limitées, la lutte chimique étant aujourd’hui la principale réponse disponible.
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Une filière dominée par les petits producteurs
La production de noix de coco repose en grande majorité sur des exploitations familiales situées dans les zones tropicales côtières, notamment en Asie, aux Philippines, en Indonésie, en Inde, au Sri Lanka ou en Thaïlande, mais aussi en Afrique, en Amérique latine et en Océanie.
Cette organisation rend la filière essentielle pour les revenus de nombreux ménages ruraux, mais elle met également en lumière certaines fragilités, notamment un manque d’accès à l’information, aux marchés et à des structures collectives.
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Trois axes de recherche pour accompagner la transition
Face à ces enjeux, le Cirad structure son action autour de trois priorités. La première consiste à approfondir les connaissances sur les ressources génétiques du cocotier afin d’améliorer les variétés existantes. Les travaux portent notamment sur la résistance aux maladies, la productivité et la qualité des fruits.
La deuxième priorité concerne la gestion des ravageurs et des maladies, avec un accent mis sur la diffusion des connaissances auprès des producteurs et leur formation à des pratiques adaptées.
Enfin, l’institution entend renforcer la transmission des savoirs et des compétences. Forte d’une expertise développée depuis le milieu du XXe siècle, elle propose des formations sur la gestion des données, les pratiques agricoles durables et les procédés de transformation.
Pour Andrea Garavito Guyot, généticienne et génomicienne cocotier au Cirad :
« Il s’agit d’une plante dont la variabilité morphologique et génétique est remarquable. Mieux comprendre cette variabilité permet d’identifier et de valoriser les ressources génétiques les plus adaptées face aux défis qui lui sont opposés. On peut travailler sur la résistance aux maladies, l’augmentation de la productivité, la qualité des fruits, etc ».
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Un secteur stratégique à l’échelle mondiale
En 2024, la production mondiale de noix de coco s’élevait à 65,6 millions de tonnes, pour une superficie cultivée estimée à plus de 11 milliards d’hectares. Les exportations d’eau de coco représentaient quant à elles 3,9 milliards de dollars en 2023.
Le Cirad mobilise plusieurs disciplines scientifiques, de la sociologie à la génomique, et s’appuie sur un corpus de près de 500 publications produites entre 2005 et 2025. L’organisme a également contribué au séquençage du génome du cocotier, notamment en 2017 et 2021.





















