Une proposition de loi permettant la relance de projets d'énergies fossiles en Outre-mer, controversée au sein même du gouvernement et décriée par les ONG environnementales, a été adoptée en commission au Sénat mercredi.
Dominé par la droite et ses alliés centristes, le Sénat a approuvé ce texte en commission des Affaires économiques, avant son examen en séance publique le 29 janvier.
A l'initiative du groupe macroniste (RDPI), constitué de nombreux sénateurs ultramarins, cette proposition de loi du sénateur guyanais Georges Patient vise « à lever, dans les territoires d'Outre-mer, l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures ».
« Je considère qu'on ne peut pas, depuis la métropole, empêcher la Guyane ou les Outre-mer d'envisager leur propre développement. Cette proposition est une remontée du terrain qui doit se respecter », a affirmé à l'AFP le sénateur Horizons Vincent Louault, rapporteur de ce texte, qui a rendu un avis favorable et a été suivi majoritairement en commission.
Ce texte fait l'objet d'un désaccord interne au gouvernement, entre Monique Barbut, ministre de la Transition écologique défavorable au texte, et celle des Outre-mer, Naïma Moutchou, qui le soutient. Le ministère de l'Économie y est également défavorable, mais Matignon n'a toujours pas communiqué sa position définitive sur ce texte, à quelques jours de son examen au Sénat.
La loi Hulot en 2017 a mis fin à la recherche et à l'exploitation des hydrocarbures en France, avec quelques dérogations pour les entreprises qui avaient déjà des concessions en vigueur. Plusieurs ONG environnementales s'inquiètent de l'adoption de ce texte et l'ont refait savoir mercredi.
Pour Juliette Renaud, coordinatrice des Amis de la Terre France, c'est « un non-sens total » qui « marquerait un grand retour en arrière ». « Il est incompréhensible que le gouvernement tergiverse ainsi et ne se soit pas encore positionné clairement contre ce texte », a-t-elle réagi.
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« Je m'opposerai aux arguments de celles et ceux qui souhaitent encourager la relance de l'exploration pétrolière dans nos Outre-mer », a martelé Monique Barbut mardi lors de ses vœux. Alors ministre des Outre-mer, Manuel Valls avait souhaité « ouvrir le débat » sur l’exploitation d’énergies fossiles. À l’époque, la prédécesseure de Monique Barbut, Agnès Pannier-Runacher, avait aussi fait part de son opposition.
Avec AFP























