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Sargasses : Interco' Outre-mer et l'ANEL adoptent une résolution commune et l'adressent au Président de la République
© Ville du Robert

Réunis au sein de l'Association nationale des élus des littoraux (ANEL) et d'Interco' Outre-mer, les représentants des collectivités de Martinique, de Guadeloupe, de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy et de Guyane ont adopté, le 1er juillet, une résolution commune appelant l'État à engager une réponse « urgente » face à la crise des sargasses. Le texte, adressé au président de la République, au Premier ministre et au Gouvernement, demande également une mobilisation des instances européennes et internationales.

 

"L'urgence est réelle est immédiate". Dans leur préambule, les élus rappellent que les échouages massifs de sargasses touchent les littoraux ultramarins de manière récurrente depuis 2011. Ils estiment que ce phénomène, initialement considéré comme ponctuel, est devenu chronique et entraîne des conséquences sanitaires, environnementales, économiques et sociales importantes. Ils soulignent que les collectivités sont en première ligne pour faire face à ces échouages, souvent sans moyens suffisants.

Les signataires mettent en avant l'ampleur des échouages observés en 2025 et 2026, parmi les plus importants recensés selon eux. Ils évoquent une population confrontée quotidiennement aux émanations des algues en décomposition et privée de l'usage de certains espaces littoraux. La résolution fait également état d'une montée des tensions, avec des mobilisations citoyennes, des menaces de blocage et plusieurs actions engagées contre l'État, notamment au Robert, en Martinique, où des riverains dénoncent l'insuffisance des réponses apportées après une visite ministérielle consacrée au futur Plan Sargasses III.

Lire aussi : Sargasses aux Antilles : l'ANEL et Interco'Outre-mer dénoncent une réponse de l'Etat « peu » efficace

Estimant que cette situation alimente un sentiment d'abandon et d'inégalité entre les territoires, l'ANEL et Interco' Outre-mer affirment vouloir porter d'une seule voix la demande d'une réponse durable et adaptée à un phénomène qu'ils qualifient de transatlantique. Ils rappellent que les populations concernées ne demandent « aucun privilège », mais une égalité de traitement face à un risque désormais installé.

Au-delà de ce constat, la résolution formule plusieurs demandes à l'État. Les élus plaident notamment pour la reconnaissance de l'urgence sanitaire, un financement pérenne de la lutte contre les sargasses, une clarification du cadre juridique applicable, un meilleur dispositif d'indemnisation des dommages subis par les particuliers et les collectivités, ainsi que le développement d'une filière de valorisation des algues. Ils appellent également à renforcer la coopération européenne et caribéenne, à améliorer la gouvernance du dossier et à accélérer les travaux de recherche afin d'apporter une réponse coordonnée à un phénomène qui dépasse les frontières françaises.