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Rébecca Siber, directrice déléguée régionale d’Orange en Guyane, veut faire du numérique un levier d’inclusion pour la jeunesse guyanaise

À la tête d’Orange en Guyane depuis le 21 janvier 2026, Rébecca Siber veut inscrire son action au-delà des seules infrastructures télécoms. Dans un entretien accordé à Outremers360, la directrice déléguée régionale revient sur ses premiers mois passés à sillonner une partie du territoire et sur une attente forte : en Guyane, les élus, les familles, les jeunes et les habitants des communes isolées n’attendent pas seulement des câbles, du réseau ou de la fibre, mais un véritable accompagnement humain dans la transition numérique. Formation, cyberharcèlement, intelligence artificielle, inclusion, télémédecine : pour Rébecca Siber, le numérique ne peut devenir un levier d’égalité des chances que s’il tient compte de la jeunesse du territoire, de son immensité et de ses fragilités. Une ambition qu’elle entend porter avec les acteurs locaux, notamment le rectorat, l’Académie de Guyane et les partenaires économiques.

Depuis son arrivée à la tête d’Orange en Guyane, Rébecca Siber a choisi de commencer par le terrain. Mairies, collectivités locales, acteurs institutionnels, associations : la nouvelle directrice déléguée régionale d’Orange en Guyane poursuit son tour du territoire pour rencontrer et entendre les besoins des habitants. Et le constat qu’elle en tire est clair : en Guyane, les attentes adressées à Orange dépassent largement les questions de réseau, de fibre ou de téléphonie mobile. « Les maires n’attendent pas seulement un accompagnement technique mais également un accompagnement humain », résume-t-elle.

Cette dimension est d’autant plus essentielle que la Guyane est un territoire « singulier », marqué par son immensité, ses communes isolées, sa démographie dynamique et les écarts entre le littoral et l’intérieur. « On ne peut pas simplement transposer à Maripasoula ce que l’on fait à Cayenne », insiste-t-elle.

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La jeunesse guyanaise est une richesse

Dans un territoire où la population est particulièrement jeune, Rébecca Siber voit à la fois une responsabilité et une chance. « Cette jeunesse est une richesse ». Encore faut-il l’accompagner, la former et lui donner les moyens de transformer le numérique en opportunité. « On ne peut pas donner ces technologies aux jeunes et passer notre chemin », estime Rébecca Siber. Pour elle, Orange a un rôle à jouer dans l’éducation aux usages numériques : apprendre à distinguer le vrai du faux, comprendre les risques du cyberharcèlement, maîtriser son temps d’écran, mais aussi découvrir les métiers de demain.

Des actions de sensibilisation

Récemment, Orange a organisé une opération #ForGoodConnections, réunissant parents et enfants face aux défis de l'hyperconnexion. Une autre action, en partenariat avec le rectorat, a été menée autour de la projection du film TKT, sur le thème du cyberharcèlement, suivie d’un débat avec près d’une centaine de jeunes.

Former aussi les parents

L’accompagnement des jeunes ne peut toutefois pas se faire sans les familles. C’est l’un des enseignements que Rébecca Siber dit avoir tiré de ses échanges avec l’association SOS Jeunesse, un responsable lui a rappelé une idée simple : « pour atteindre les jeunes, il faut aussi former les parents. »

Le numérique, rappelle-t-elle, peut être un formidable outil d’émancipation, de formation et d’ouverture. Mais sans accompagnement, il peut aussi devenir un espace de violence, de désinformation ou d’isolement.

Un master IA et des modules de formation

Orange Guyane entend également renforcer son partenariat avec le rectorat. Une convention doit prochainement être signée afin de déployer des formations à plus grande échelle dans les collèges, les lycées et à l’université. Ces modules porteront notamment sur la Fresque des écrans, la désinformation, le cyberharcèlement et, plus largement, sur les enjeux numériques qui touchent directement les jeunes.

Orange travaille également à la mise en place d’un master consacré à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité à l’Université de Guyane, avec l’objectif d’une rentrée dès septembre prochain.

Aller vers les communes isolées

L’autre priorité affirmée par la directrice concerne l’inclusion territoriale. À la rentrée, elle souhaite intensifier les actions de formation avec le Medef et la CCI, mais aussi aller davantage vers les zones isolées.

Cette volonté rejoint l’un des grands défis de la Guyane : faire en sorte que le numérique ne bénéficie pas seulement aux habitants des centres urbains, mais aussi aux communes de l’intérieur.

Télémédecine et tourisme : comment Orange contribue au développement du territoire

Parmi les projets que Rébecca Siber aimerait voir émerger grâce au numérique, la télémédecine occupe une place importante. Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni ou Kourou disposent d’équipements structurants, mais la réalité est plus complexe pour d’autres zones du territoire. Le numérique peut contribuer à réduire ces écarts.

Le tourisme fait aussi partie des secteurs que Rébecca Siber estime pouvoir être davantage valorisés grâce au numérique. Selon elle, la Guyane dispose d’un potentiel encore sous-exploité, que les outils numériques pourraient aider à mieux faire connaître, tout en accompagnant les entrepreneurs locaux.

Une vision fondée sur l’humain

Chez Rébecca Siber, un mot revient comme un fil rouge : l’humain. Cette mère de famille revendique une approche de proximité, attentive aux parcours individuels comme aux grands projets structurants du territoire.

Cette sensibilité nourrit sa manière d’envisager son rôle : non pas seulement comme représentante d’un grand opérateur, mais comme actrice d’un territoire où le numérique peut changer des trajectoires. Dans un an, au moment du premier bilan de son mandat, Rébecca Siber ne veut pas être jugée sur un seul indicateur. Elle regardera le nombre de personnes formées, les projets accompagnés, la capacité à aller vers les communes isolées et l’impact réel des actions menées.

Dans un territoire immense, jeune et contrasté, le défi n’est donc pas seulement de connecter les lieux. Il est aussi de connecter les habitants aux compétences, aux opportunités et aux services qui peuvent transformer leur avenir et celui de la Guyane.