Le projet de loi de lutte contre la vie chère dans les outre-mer ne sera examiné qu'à l'automne et doit encore « être musclé », a annoncé jeudi la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, confirmant son absence du calendrier parlementaire arrêté cette semaine par le gouvernement.
Initié par l'ex-ministre Manuel Valls et adopté sans enthousiasme par le Sénat fin octobre qui le jugeait trop timide, le texte n'a toujours pas été déposé à l'Assemblée nationale.
« Il y a un véritable enjeu à avancer mais il faut le faire bien », a déclaré Naïma Moutchou devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP), précisant avoir demandé « un temps de pause pour retravailler le texte, le muscler encore davantage ». La ministre doit recevoir à partir de la semaine prochaine la délégation aux outre-mer de l'Assemblée nationale, qui a travaillé à des axes d'amélioration.
« Je pense que nous pouvons aller plus loin », a-t-elle dit, assurant travailler elle-même « à d'autres propositions pour en faire un texte qui puisse concrètement, sur le terrain, changer les choses ». « Voilà pourquoi il est prévu pour l'automne », a-t-elle ajouté.
Présentée comme une « urgence » par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la lutte contre la vie chère est une priorité pour les habitants des territoires ultramarins et a été au cœur des manifestations qui ont secoué la Martinique à l'automne 2024. Selon l'Insee, l'écart de prix pour les produits alimentaires peut atteindre jusqu'à 42% entre les départements et régions d'outre-mer et la France hexagonale.
Interrogée sur la Nouvelle-Calédonie, Naïma Moutchou a assuré que le soutien économique promis au territoire était décorrélé de l'adoption ou non du projet de loi constitutionnelle examiné mardi au Sénat.
« Compte tenu de la situation économique désastreuse, il y a besoin d'un soutien économique, il sera au rendez-vous », a-t-elle dit, évoquant un protocole financier d'un milliard d'euros signé en janvier à Paris : « Ce protocole financier a vocation à se concrétiser indépendamment du reste du processus politique. »
Ce projet de loi doit traduire dans la Constitution l'accord de Bougival, signé à l'été 2025, complété depuis par celui de l'Élysée-Oudinot. L'accord prévoit notamment la création d'un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d'une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement
Signé par la majorité des forces politiques calédoniennes, il est toutefois rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste, et l'adoption de la réforme constitutionnelle dans un calendrier contraint, prévoyant la réunion du Congrès à Versailles en avril, reste incertaine.
Avec AFP























