En 2025, la situation économique de la Martinique s’est détériorée, d’après une note de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée le 2 avril. Après plusieurs années de reprise suivant la crise sanitaire, l’activité marque un recul. Dans ce contexte, l’emploi salarié diminue également. Parallèlement, le déficit commercial se creuse : les importations augmentent plus rapidement que les exportations. L’inflation, quant à elle, ralentit nettement au cours de l’année, principalement grâce à la baisse des prix de l’électricité. Enfin, le tourisme évolue de manière contrastée : la fréquentation des hôtels diminue, tandis que le nombre de passagers aériens et de croisiéristes continue de progresser.
Pour l’année 2025, l’activité économique, mesurée par le volume d’heures rémunérées, recule de 0,8%, après avoir progressé de 0,5% en 2024. Portée par un mouvement de rattrapage depuis 2021 à la suite de la crise sanitaire, cette dynamique s’essouffle progressivement jusqu’à devenir négative. Le repli de l’activité s’accentue jusqu’au troisième trimestre, avant de se modérer en fin d’année, avec une baisse limitée à -0,4% au quatrième trimestre.
« La contraction de l’activité économique en Martinique s’explique d’abord par le recul marqué de la construction. Le nombre d’heures rémunérées dans ce secteur diminue de 5,8% en 2025, contribuant à hauteur de -0,4 point à l’évolution globale de l’activité économique », explique l’Insee. Le tertiaire principalement marchand (-06%) et l’industrie (-1,3%) s’inscrivent également dans la baisse générale de la conjoncture. Toutefois, le tertiaire non marchand est en hausse de 1,3%.

La tendance de l’emploi reflète celle de l’activité économique. À la fin de l’année 2025, l’emploi salarié recule de 0,4%, soit 580 postes de moins qu’un an auparavant. La Martinique compte ainsi 131 430 emplois salariés, un niveau proche de celui observé fin 2022. Cette diminution prolonge la contraction déjà enregistrée en 2024 (-0,5%). L’emploi intérimaire (-8,3%), l’agriculture (-6,8%), la construction (-2,5%) et l’emploi industriel (-0,6%) sont les secteurs contribuant principalement à la baisse de l’emploi.
Ces divers facteurs ont paradoxalement peu d’incidence sur le taux de chômage pour 2025 en Martinique. « Après avoir augmenté d’un point l’année précédente, il se stabilise à 13% de la population active âgée de 15 ans ou plus, supérieur de 5 points à celui observé en France métropolitaine », observe l’étude.

« En 2025, le déficit de la balance commerciale de la Martinique s'aggrave de 0,6%, après deux années de relative stabilité, pour atteindre 3 milliards d’euros. La progression des exportations (+5,8%), soutenue par la forte hausse des ventes de produits pétroliers raffinés (+24,2%), ne suffit pas à compenser celle des importations (+1,2%) qui pèsent huit fois plus dans les échanges commerciaux », rapporte l’Insee.
Sur le plan de l’inflation, elle ralentit en 2025, avec une légère hausse de 1,1% des prix à la consommation, contre +2,8% en 2024. Ce repli s’explique par la baisse des prix de l’énergie, ainsi qu’une une augmentation moins soutenue des prix dans l’alimentaire et des produits manufacturés. Les prix des services augmentent par contre à un rythme similaire à celui de 2024 et représentent le premier contributeur de l’inflation.

Pilier économique majeur de la Martinique, le tourisme « présente des évolutions contrastées », selon l’Insee. En 2025, la fréquentation hôtelière poursuit son recul avec une baisse de 6,4% sur un an, totalisant un peu plus de 1,1 million de nuitées. Ce repli prolonge la tendance amorcée en 2024. Pourtant, le nombre de visiteurs progresse et atteint 329 900 personnes (+4%). La diminution du volume de nuitées s’explique principalement par un raccourcissement de la durée moyenne des séjours, désormais de 3,4 jours, contre 3,8 jours l’année précédente.
« Les établissements hôteliers ne couvrant qu’une partie de l’offre d’hébergement pour les visiteurs, la baisse des nuitées ne reflète pas forcément un déclin de la fréquentation touristique. En l'occurrence, le trafic aérien à l’aéroport Aimé Césaire augmente de 2,3% pour atteindre 1,9 million de passagers en 2025, en lien avec le développement des liaisons internationales », tempère cependant l’étude.

PM
À lire aussi ► Martinique : Un bilan démographique 2025 marqué par le vieillissement de la population





















