JO d'hiver 2026: Le skieur brésilien Lucas Pinheiro Braathen, premier Sud-Américain sacré aux JO d'hiver

© FIS / Action Press / Mine Kasapoglu

JO d'hiver 2026: Le skieur brésilien Lucas Pinheiro Braathen, premier Sud-Américain sacré aux JO d'hiver

Personnage flamboyant et iconoclaste, le skieur brésilien Lucas Pinheiro Braathen a offert à l'Amérique du sud son premier titre olympique aux Jeux d'hiver grâce à sa victoire dans le géant, samedi à Bormio.


C'est même la première médaille tout court en hiver pour le continent sud-américain qui doit cette entrée fracassante dans l'histoire à un jeune homme de 25 ans, né à Oslo, qui a choisi il y a deux ans de courir pour le pays de sa mère.

D'habitude très expansif, le showman brésilien a accueilli son triomphe, acquis avec une marge importante sur les Suisses Marco Odermatt et Loïc Meillard, de manière quasi stoïque, comme s'il avait du mal à réaliser la portée de son exploit historique.
"Cet instant, je l'avais tellement visualisé, j'en avais rêvé depuis si longtemps que j'ai eu beaucoup de mal à réaliser", a-t-il expliqué en redescendant du podium sur lequel, bouleversé par l'émotion, il avait dû s'interrompre de chanter l'hymne national pour retenir ses larmes.
"Je ne peux pas imaginer ce que ça représente au Brésil. Avant la course, j'ai reçu tellement de messages d'encouragement du genre: +aucune idée de ce qu'il se passe exactement, mais on te soutient à fond: allez Lucas!", a ajouté le Brésilien, hilare.

La pression était pourtant immense sur les épaules du zébulon aux cheveux frisés, après avoir survolé la première manche, dossard 1 dans le dos, avec un écart de près d'une seconde sur Odermatt.

Odermatt sans titre 

Parfois à la rupture, il a conservé 58/100es d'avance après le deuxième acte disputé sous la neige et la pluie.
Odermatt, qui domine le ski alpin depuis quatre ans, quitte la station de la Haute Valteline avec trois médailles mais sans le moindre titre, éclipsé par son compatriote Franjo von Allmen (trois sacres).
Et samedi par Pinheiro Braathen qui, après avoir déjà été en novembre le premier Brésilien à remporter une épreuve de Coupe du monde de ski alpin, écrit le plus beau chapitre d'une carrière singulière et mouvementée.

Né d'un père norvégien et d'une mère brésilienne, il avait pris tout le monde de court lorsqu'il a annoncé en 2023 sa retraite sur fond de conflit avec la fédération norvégienne pour une question de droits d'image. Avant de revenir quelques mois plus tard en représentant le Brésil, où il était parti vivre avec sa mère après le divorce de ses parents.
C'est lorsque son père a récupéré sa garde qu'il s'est mis au ski, même s'il n'aimait pas ça au début, affirmant que ses pieds étaient faits pour jouer au foot sur le sable et non pas pour être enserrés dans de lourdes chaussures de ski.
Au fil des déménagements - à l'âge de 22 ans il avait changé de domicile... 21 fois - il s'est construit une personnalité à part qui détonne dans un milieu plutôt conservateur.

"Un mec super sympa" 

Passionné de mode et de musique, décalé et légèrement déjanté, le Brésilien aime bousculer les codes en portant des jupes ou en lançant sa propre marque de produits de beauté.
Omniprésent sur les réseaux sociaux, mannequin à ses heures perdues, il devient l'ambassadeur de plusieurs enseignes de luxe et voit son portrait projeté sur la façade de l'Opéra Garnier à Paris.
"Cela a toujours été mon rêve d'être celui qui trace ma propre route. Je sais qu'elle est différente de la plupart des autres skieurs", expliquait-il à l'AFP en marge de la... Fashion week milanaise en septembre.
"Ça a été une route pas forcément conventionnelle, mais c'était la mienne", a-t-il ajouté samedi après avoir pris sa revanche sur des JO-2022 de Pékin catastrophiques (abandon en slalom et géant).
"C'est un mec super sympa qui fait du bien au ski dans sa façon d'être. Il montre qu'on peut avoir ce côté fun et ce côté show des pays d'Amérique du sud. Et c'est un très bon skieur. Il a fait une course magnifique", a applaudi le Français Léo Anguenot.

Sixième, le skieur de La Cluzaz a réussi lui-même une très belle course. Mais, après quatre épreuves, l'équipe de France masculine de ski alpin est toujours bredouille à Bormio avant la dernière chance, le slalom de lundi, où Clément Noël défendra son titre olympique.

Avec AFP