Guyane : 2026 sera l’année de la célébration d’Ariane 6 indique David Cavaillolès, President exécutif d'Arianespace

Guyane : 2026 sera l’année de la célébration d’Ariane 6 indique David Cavaillolès, President exécutif d'Arianespace

L’année 2026 sera celle de la « célébration d’Ariane 6 ». L’annonce a été faite mardi 6 janvier 2026 à Kourou par David Cavaillolès, président exécutif d’Arianespace, à l’occasion de la cérémonie des vœux de l’entreprise. Focus grâce à l’interview de David Cavaillolès, par nos partenaires de Radio Péyi.

Après 2024, marquée par la transition avec le vol inaugural du nouveau lanceur européen, et 2025, présentée comme l’année de l’accélération, 2026 doit permettre de « déployer toutes les possibilités d’Ariane 6 ». Sont notamment prévus des tirs en orbite géostationnaire, des lancements de constellations de satellites, ainsi que le premier vol d’Ariane 64, la version lourde du lanceur équipée de quatre boosters. Arianespace vise huit lancements sur l’année à venir. Le premier est programmé au mois de février pour le compte du programme Amazon Leo.

Aujourd’hui, environ deux tiers du carnet de commandes d’Arianespace sont constitués de clients privés. Une orientation stratégique que le président exécutif juge complémentaire des missions institutionnelles : « Depuis 45 ans on a à la fois les clients les plus institutionnels pour les missions les plus sensibles, notamment les forces armées, et des clients commerciaux. Pourquoi c’est pertinent et pourquoi le commercial renforce le souverain, déjà, faire du commercial ça fait qu’on a plus de lancement. Si je faisais que de l’institutionnel, j’aurais peut-être que 3 ou 4 tirs par an. Par ailleurs, quand on fait du commercial, on se frotte à la compétition. Mes équipes sont face à SpaceX tous les jours, donc on les connaît, on peut s’inspirer de certaines de leurs pratiques. Le dernier élément très concret c’est qu’on va faire des lancements commerciaux pour Amazon Léo de constellation. Avec ces lancements on apprend plein de choses, on accumule énormément d’expérience, et cette expérience va nous être utile quand demain on déploiera la constellation souveraine IRIS², une constellation de télécommunication européenne, environ 300 satellites, qui permettront d’échanger et de communiquer partout dans le monde. Donc ça a vocation à être lancé par des acteurs européens ».

La fiabilité, un argument central

À ce stade, Ariane 6 a réussi l’ensemble de ses missions, avec cinq succès sur cinq tentatives. Une fiabilité qui constitue un élément clé dans la relation avec les clients, selon David Cavaillolès. « C’est un argument qui est très important. Un satellite ça peut représenter des centaines de millions d’euros, donc les clients, évidemment, attachent une importance cruciale à la fiabilité. Maintenant, la fusée Ariane est considérée comme ultra-fiable. Ariane V l’était, ses prédécesseurs aussi. La difficulté qu’on avait au début d’Ariane VI, c’est justement que c’était le début. Donc chaque lancement qu’on réussit nous apporte énormément d’oxygène. En prenant mon poste en début d’année dernière j’ai rencontré des clients, je les ai revu tout au long de l’année, et ce qui est frappant c’est de voir qu’après chaque succès, la nature des discussions change. En début d’année dernière il y avait un respect poli pour le premier lancement réussi d’Ariane VI, en fin d’année dernière, après cinq succès, ce n’était plus du tout le même type de discours ».

Vers une augmentation de la cadence de lancements

Arianespace anticipe une augmentation progressive de la cadence de tirs dans les années à venir. Pour y parvenir, l’optimisation des opérations industrielles et logistiques est identifiée comme un levier majeur, conclut David Cavaillolès : « Pour faire 10 lancements par an, il va falloir qu’on sache au maximum réduire les délais entre 2 lancements (…) On produit la fusée en Europe continentale de plus en plus vite, et on prépare et on tire la fusée ici à Kourou de plus en plus rapidement aussi. Le système Ariane VI est dimensionné pour faire 9 à 10 lancements par an. Quand on aura fait ça, on sera à un nouveau 2 fois supérieur à celui d’Ariane V, donc ça sera déjà une réussite majeure. La question ensuite c’est, que veut le client ? Si on voit qu’on a davantage de demande, notamment parce que des grands programmes institutionnels sont lancés, alors évidemment on regardera le sujet des augmentations de cadence. Ça nécessitera des investissements supplémentaires, mais évidemment que si nos clients le souhaitent, on fera tout pour répondre présent »