Dans une récente étude, la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL) de Guadeloupe revient sur la Directive européenne relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation. La DEAL analyse son impact sur le territoire et ses perspectives pour l’avenir, notamment avec la mise en place du troisième Plan de gestion des risques d’inondation en Guadeloupe, dont l’adoption est prévue avant la fin de l’année 2027.
Les Outre‑mer sont régulièrement touchés par des épisodes d’inondation, le plus souvent liés à des tempêtes tropicales ou à des systèmes cycloniques particulièrement actifs. En Guadeloupe, depuis 2022, plusieurs événements majeurs ont fortement affecté le territoire et les populations : les pluies intenses d’avril 2022 et d’octobre 2023, les tempêtes Fiona (septembre 2022), Phillipe (octobre 2023), Ernesto (août 2024), ainsi que les ouragans Tammy (octobre 2023) et Béryl (juillet 2024). Le passage de la tempête Jerry en octobre 2025 constitue à ce jour le dernier épisode d’ampleur significative. Ces événements ont engendré des pertes humaines et de nombreux dégâts matériels.
En ce qui concerne la prévention des risques naturels, la France s’avère être pionnière dans l’instauration de nombreux outils, ceci bien avant la publication de la Directive européenne relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation, affirme la DEAL de Guadeloupe. « Ainsi, les 32 communes de la Guadeloupe sont exposées au risque d’inondation, et elles sont toutes couvertes par un PPR (Plan de Prévention des Risques) prescrit ou approuvé prenant en compte ce risque dont 6 révisés en 2026. Les révisions se poursuivent ».
Quelles sont leurs étapes suivant la Directive inondation ? La première phase consiste à élaborer un diagnostic partagé des impacts potentiels des inondations, en mobilisant deux approches complémentaires fondées sur les connaissances disponibles et sur les effets déjà observés en Guadeloupe. Cette étape correspond à l’évaluation préliminaire des risques d’inondation (EPRI), révisée en 2024. La deuxième phase de la Directive vise à produire une cartographie fine des risques d’inondation, détaillant les aléas et leurs conséquences sur les territoires identifiés comme présentant un risque important à l’issue du diagnostic de l’EPRI. Ces cartes seront approuvées d’ici la fin 2026.
Poursuivre la dynamique engagée
Enfin, la troisième phase de la Directive conduira à l’élaboration du troisième Plan de gestion des risques d’inondation (PRGI) en Guadeloupe, dont l’adoption est prévue d’ici la fin de l’année 2027. Ce plan, construit de manière concertée, fait partie d’un programme stratégique de six ans destiné à structurer et prioriser les actions visant à réduire les impacts et les conséquences des inondations. Le PGRI fixe des orientations stratégiques, établit un bilan des actions déjà engagées sur le territoire et précise les modalités de suivi de ces dernières. Il comprend également un état des lieux réglementaire ainsi qu’une analyse de l’articulation avec les autres politiques publiques, afin d’assurer la cohérence et la complémentarité des interventions.
« Il s’agit de poursuivre la dynamique engagée dans le cadre du second cycle en consolidant les acquis, en veillant à une stabilité du cadre réglementaire tout en s’adaptant à ses évolutions et en favorisant la mise en œuvre d’actions concrètes. Il convient d’articuler pleinement cette dynamique avec la mise en place opérationnelle de la GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations, ndlr), compétence obligatoire des EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale, ndlr) depuis le 1er janvier 2018, notamment en matière de prévention des inondations », précise la DEAL de Guadeloupe.
Les objectifs du troisième cycle se basent entre autres sur les axes suivants : Poursuite des diagnostics GEMAPI — finaliser l’ensemble des diagnostics menés sur le territoire et accompagner leur traduction opérationnelle dans des stratégies adaptées aux enjeux identifiés ; Animation du cycle — structurer et dynamiser la coordination entre les acteurs concernés, en cohérence avec les priorités retenues ; et Continuité des actions du 2e cycle — consolider les travaux engagés à l’échelle du district, notamment en finalisant le suivi des études en cours, en apportant des appuis ciblés via le Fonds Vert pour certains projets, et en réalisant des missions de terrain adaptées aux besoins identifiés.
PM
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