Des peines allant jusqu'à deux ans de prison ferme ont été prononcées mardi par le tribunal correctionnel de Fort-de-France dans le procès dit des "Grands Frères", poursuivis pour leur implication dans les violences survenues fin 2021 en Guadeloupe.
Les 13 prévenus, douze hommes et une femme, étaient jugés depuis le 26 janvier pour leur rôle présumé dans ces émeutes qui avaient paralysé l'archipel entre novembre 2021 et janvier 2022, dans un contexte de contestation de l'obligation vaccinale imposée aux soignants, élargie ensuite à d'autres revendications.
Sept d'entre eux ont été condamnés à des peines allant de six mois de prison avec sursis à deux ans de prison ferme, dont un policier, également interdit définitivement d'exercer sa profession. Les six autres prévenus ont été relaxés.
Ils étaient accusés d'avoir "organisé et planifié" ces émeutes, marquées notamment par l'incendie de la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre et celui du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), dans la nuit du 26 au 27 novembre 2021.
"Je suis content de ne pas retourner en prison, mais il est difficile de se satisfaire d'une condamnation", a déclaré aux journalistes Noël Daufour à l'issue du jugement.
Pour son avocat, Me Raphaël Kempf, "le dossier s'effondre sur la notion d'extorsion, qui était la clé de voûte de l'accusation", évoquant un "désaveu" pour les parquets de Pointe-à-Pitre et de Fort-de-France.
Au cœur de l'accusation figurait notamment un projet présumé d'extorsion de fonds publics et privés, dont la réalité a été contestée tout au long des débats particulièrement suivis en Guadeloupe.
Lors de son réquisitoire, le substitut du procureur Adrien Roux avait requis la relaxe de plusieurs prévenus, réfutant "la représentation" d'une mobilisation "pilotée, orchestrée, téléguidée par un collectif de grands frères, appelés chefs de gangs".
À ce stade, ni le parquet ni la défense n'ont annoncé leur intention de faire appel.
Avec AFP























