Esansyèl, un programme pour révéler la force et la voix des jeunes filles guadeloupéennes lors de sa journée de clôture au Mémorial ACTe

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Esansyèl, un programme pour révéler la force et la voix des jeunes filles guadeloupéennes lors de sa journée de clôture au Mémorial ACTe

Ce samedi 17 janvier, au Mémorial ACTe, le programme Esansyèl vivra sa journée de clôture. Un moment symbolique pour un projet qui, depuis plusieurs mois, agit en profondeur auprès de 25 jeunes filles guadeloupéennes. Pensé comme un parcours d’émancipation, Esansyèl n’est ni un stage sportif classique, ni un simple programme éducatif. C’est une expérience fondatrice, à la croisée du sport, de la culture et de la construction de soi.

 

À l’initiative de la championne d’escrime Ysaora Thibus, championne du monde et médaillée olympique, Esansyèl est né d’une intuition simple mais exigeante : les jeunes filles ont besoin de lieux où elles peuvent se projeter, s’exprimer et se sentir légitimes. Loin des injonctions abstraites, le programme s’est construit autour d’un principe clair : donner des outils concrets pour renforcer la confiance, ouvrir les possibles et affirmer une place dans la société.

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Un parcours d’émancipation ancré dans le réel

Coordonné par les associations Essentielle et Doubout’, avec l’appui de bénévoles et de partenaires locaux, Esansyèl s’est déployé sous la forme de journées thématiques mêlant masterclasses éducatives, pratiques sportives, ateliers artistiques et temps de parole. Santé mentale, rapport au corps, cycle menstruel, confiance en soi, lutte contre l’autocensure : les thématiques abordées ont parfois été intimes, souvent exigeantes, toujours traitées avec sérieux et bienveillance.

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Face aux jeunes filles, des figures majeures du sport français et de la diaspora antillaise ont pris la parole. La basketteuse Sandrine Gruda, meilleure marqueuse de l’histoire du basket féminin français, la handballeuse Méline Nocandy, championne olympique, la gymnaste Mélanie Jesus Dos Santos, championne d’Europe, ou encore la footballeuse Laura Georges, internationale française, ont partagé leurs parcours, leurs doutes et les leviers intimes de leur réussite.

Un choix fort traverse l’ensemble du programme : toutes les intervenantes, sportives, artistes et expertes mobilisées sont des femmes. Un parti pris assumé, pensé comme un acte politique et pédagogique, afin d’offrir aux participantes des modèles multiples, incarnés et accessibles.

Au fil des semaines, quelque chose s’est joué. Les mots ont circulé. Les corps ont bougé. Les regards ont changé. Certaines participantes parlent aujourd’hui d’un avant et d’un après.

« Un grand merci de prêter attention aux jeunes filles et de nous montrer qu’on a et qu’on mérite notre place dans le sport comme dans la vie », confie l’une d’elles. Une autre résume simplement : « Vous avez marqué quelque chose dans ma vie. »

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Une clôture symbolique, tournée vers l’avenir

La journée de clôture, prévue ce samedi 17 janvier, prolongera cette dynamique dans un cadre hautement symbolique. Au Mémorial ACTe, lieu de mémoire, de transmission et de projection vers l’avenir, Esansyèl affirmera ce qu’il est devenu : un espace où l’on ne célèbre pas seulement des parcours individuels, mais où l’on prend des engagements collectifs envers une jeunesse trop souvent invisibilisée. Chaque jeune fille se verra notamment garantir l’accès à une pratique sportive ou artistique pour l’année à venir, afin que l’élan initié ne s’arrête pas aux portes de l’événement.

Cette séquence finale se conclura par un temps fort culturel, avec la présence de la violoniste Afroline, entourée de nombreuses personnalités du monde sportif, culturel et institutionnel, venues saluer un programme qui, dès sa première édition, a su fédérer bien au-delà de son cercle initial.

Soutenu par des partenaires institutionnels et privés, parmi lesquels l’Agence Nationale du Sport, Air Caraïbes, Lacoste et La Créole Beach Hôtel & Spa, Esansyèl s’inscrit dans une ambition plus large : faire émerger, en Guadeloupe, des projets exigeants, durables et profondément ancrés dans les réalités sociales, culturelles et humaines du territoire.

Au moment où le programme s’achève, une chose est sûre : Esansyèl n’a pas simplement occupé des journées. Il a ouvert des chemins. Et pour ces 25 jeunes filles, comme pour celles qui suivront, il aura rappelé une vérité essentielle : leur place ne se demande pas, elle se construit.